L’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala, située à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a été provisoirement suspendue en raison de la surpopulation carcérale. La décision a été annoncée mercredi dans un communiqué du Cabinet du ministre de la Justice.
« Le ministre d’État a décidé de suspendre provisoirement l’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala, sauf dérogation dûment justifiée », indique le communiqué.
Selon le même document, l’établissement pénitentiaire, initialement conçu pour accueillir 1 500 personnes, héberge actuellement 16 155 détenus, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi.
Ces chiffres mettent en évidence un écart considérable entre la capacité d’accueil théorique de la prison et le nombre de personnes qui y sont incarcérées.
Une mesure à caractère préventif
D’après le ministère de la Justice, cette mesure exceptionnelle vise à prévenir une détérioration des conditions de détention, tout en préservant la sécurité et la dignité des personnes privées de liberté.
Le communiqué évoque un contexte marqué par des préoccupations sécuritaires, sanitaires et humanitaires. La suspension des admissions devrait ainsi contribuer à limiter les pressions supplémentaires sur un établissement confronté à une forte densité carcérale.
Toutefois, le ministère précise que cette suspension n’est pas absolue : des admissions restent possibles à titre exceptionnel, sous réserve d’une dérogation dûment justifiée.
Avec 16 155 détenus pour une capacité théorique de 1 500 places, la prison centrale de Makala accueille environ 10,8 fois le nombre de personnes pour lequel elle a été conçue. Le dépassement atteint ainsi 14 655 personnes, soit une occupation d’environ 1 077 % de sa capacité initiale.
Cette situation soulève des questions relatives aux conditions d’hébergement, à l’accès aux soins, à l’hygiène et à la prise en charge des personnes détenues, notamment des femmes et des enfants en conflit avec la loi.
Le communiqué ne précise toutefois ni la durée prévue de la suspension ni les mesures complémentaires envisagées pour réduire durablement la population carcérale.
La décision du ministère de la Justice intervient dans un contexte où la surpopulation constitue un défi majeur pour l’administration pénitentiaire. Sa mise en œuvre et ses effets dépendront notamment des modalités d’application de la suspension, des éventuelles dérogations et des mesures qui pourraient être prises pour désengorger l’établissement.
HERVÉ KABWATILA




























































