Arrêté le 23 octobre 2026 à Kinshasa, l’ancien directeur général adjoint de la RASKIN et figure bien connue de la base de l’UDPS, Fils Benoît Mukoko, est au cœur d’une vive tempête politico-judiciaire. Face à ce qu’elle qualifie de « détention injuste », son épouse, Myriam Badjoko Mukoko, est sortie du silence pour lancer un plaidoyer vibrant auprès du président Félix Tshisekedi et des grandes figures féminines de la République.
Très touchée par la situation de son conjoint, désormais transféré à la prison centrale de Makala, Madame Myriam Badjoko Mukoko a choisi d’en appeler directement à l’esprit humanitaire de la famille présidentielle. Elle a interpellé avec respect la mère du Chef de l’État, Maman Marthe Kasalu Tshisekedi – veuve de l’opposant historique Étienne Tshisekedi –, ainsi que la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. Pour elle, ces dernières doivent agir en tant que « garantesses des valeurs familiales et de justice » afin de ramener la paix au sein d’une « famille aujourd’hui déchirée ».
L’épouse du prévenu a également élargi son cri du cœur à la Première ministre Judith Suminwa, à la gouverneure Fifi Masuka, ainsi qu’au Secrétaire Général de l’UDPS, Augustin Kabuya.
Dans sa déclaration, Myriam Badjoko Mukoko s’est montrée catégorique : elle redoute une récupération politique visant à abattre un homme dont la loyauté envers le président Félix Tshisekedi et le parti présidentiel n’a jamais failli.
Présentant son mari comme un « combattant de la liberté », elle a tenu à rappeler le long parcours de Fils Mukoko aux côtés du sphinx de Limete, Étienne Tshisekedi. Elle a insisté sur le fait que son époux s’est toujours sacrifié pour la non-violence, la démocratie et le respect des valeurs républicaines en RDC. Selon l’entourage du détenu, l’ampleur prise par cette affaire occulte le passé militant et les sacrifices d’un cadre qui a dédié sa vie au triomphe du projet de société de l’UDPS.
Pour rappel, Fils Mukoko a été interpellé par la justice à la suite de la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il tenait des propos jugés menaçants, évoquant notamment le recours à la force armée et la distribution de machettes pour contrer des intérêts occidentaux. Des déclarations immédiatement qualifiées d’« horreur absolue » par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui avait précisé qu’elles n’engageaient en rien l’exécutif ni le parti.
Avant son arrestation, M. Mukoko avait été révoqué de ses fonctions à la Régie d’Assainissement de Kinshasa (RASKIN) et frappé d’un embargo médiatique de 88 jours par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). De son côté, le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, maintient une ligne de stricte redevabilité judiciaire, affirmant que « l’incitation à la haine et à la violence ne sera pas tolérée, quelle que soit l’appartenance politique de l’inculpé ».
Alors que l’instruction se poursuit, la démarche de Myriam Badjoko Mukoko pose désormais la question de la gestion humaine et politique de ce dossier brûlant qui secoue la majorité au pouvoir.
JAMES KABWE




























































