C’est le nouveau cauchemar des automobilistes kinois au centre-ville. Du jour au lendemain, des artères stratégiques autrefois ouvertes aux deux sens se transforment en voies à sens unique, dans l’opacité la plus totale. Aucune campagne nationale d’information, aucun panneau de signalisation visible à l’entrée des tronçons, pas la moindre communication préalable des autorités urbaines. Le résultat ? Un piège parfait tendu aux conducteurs, immédiatement cueilli par des policiers positionnés stratégiquement pour rançonner la population.
L’un des épicentres de ce véritable guet-apens se situe sur l’avenue Wangata, plus précisément sur l’axe compris entre le les avenues du livre et de la Justice. À cet endroit, la scène se répète en boucle chaque jour : des conducteurs engagés de bonne foi sur cette route qu’ils empruntent depuis des années se retrouvent nez à nez avec des agents de la Police de circulation routière (PCR). La sentence tombe instantanément, sans pédagogie ni rappel à la règle : interception immédiate, menaces de fourrière et ouverture des « négociations » financières agressives.
Ce manque criant de transparence transforme ce qui devrait être une mesure de régulation du trafic en un business juteux pour les forces de l’ordre. « C’est un arbitrage malhonnête. S’ils voulaient vraiment faire respecter le code de la route, ils placeraient des barrières ou des panneaux bien en évidence pour orienter les usagers. Mais non, ils se cachent derrière les véhicules garés et surgissent pour nous sauter dessus dès qu’on s’engage. C’est du vol organisé », s’insurge un usager pris au piège ce matin, contraint de vider ses poches pour repartir avec son véhicule.
Sur le terrain, la frustration des Kinoises et Kinois atteint un point de rupture. Alors que la capitale congolaise étouffe déjà sous d’interminables embouteillages dus au manque d’infrastructures adéquates, cette gestion unilatérale et répressive de la voirie ne fait qu’accentuer la colère sociale. Les automobilistes se sentent traqués par ceux-là mêmes qui ont la mission de les protéger et de fluidifier le trafic.
Face à ce qui s’apparente désormais à une traque financière à ciel ouvert, la population interpelle directement l’hôtel de ville et le commandement de la police de Kinshasa : la route ne peut pas devenir un tiroir-caisse alimenté par le secret et la surprise. Si une nouvelle réglementation routière s’impose, elle doit impérativement s’accompagner d’une signalisation claire et conforme au code de la route. En attendant, l’avenue Wangata reste une zone à haut risque pour le portefeuille des kinois.
JAMES KABWE



























































