Invité d’un live Space animé par le journaliste , le professeur André Mbata a défendu avec vigueur l’évolution de ses prises de position sur la Constitution de la République Démocratique du Congo, tout en ravivant le débat sur la nationalité de l’ancien président Joseph Kabila .
Confronté à plusieurs extraits audio datant de son passage dans l’opposition au sein de l’ (UNC), où il plaidait fermement contre toute révision constitutionnelle sous le régime Kabila, le constitutionnaliste a assumé ses déclarations passées tout en revendiquant son droit à faire évoluer sa réflexion.
« La Constitution de 2006 demeure la meilleure depuis l’indépendance du 30 juin 1960 », a-t-il affirmé, avant de préciser qu’il n’a « jamais dit qu’elle était intouchable ».
Selon lui, reconnaître les qualités d’un texte fondamental ne signifie pas qu’il soit immuable ou soustrait à toute possibilité de réforme.
Le professeur Mbata a dénoncé ce qu’il considère comme une confusion entretenue dans le débat public entre l’appréciation d’un texte constitutionnel et son caractère révisable.
Pour justifier l’évolution de son analyse, il a invoqué la démarche scientifique, estimant qu’un chercheur ou un universitaire peut réviser ses positions à la lumière de nouveaux éléments.
Dans une comparaison qui a suscité de nombreuses réactions, il a évoqué la modification du texte de la prière du « Notre Père » intervenue il y a quelques années dans l’Église catholique. « Ce que j’ai dit hier, je peux le corriger, c’est admis en science », a-t-il déclaré, rejetant toute exigence de cohérence absolue qu’il associe davantage au dogme qu’à la recherche académique.
« Je ne suis pas un politique, je suis un professeur des universités », a-t-il insisté, affirmant privilégier la rigueur intellectuelle à la logique partisane.
Mais c’est surtout son commentaire sur le contexte politique de l’époque qui a retenu l’attention. Interrogé sur son opposition à toute révision constitutionnelle sous le régime Kabila, André Mbata a expliqué que ce combat s’inscrivait dans une stratégie politique visant à obtenir l’alternance au pouvoir.
« Nous combattions un régime dont nous savions que le titulaire du pouvoir n’était pas congolais. Il fallait le faire partir », a-t-il déclaré. Une affirmation qui remet au premier plan les controverses ayant entouré pendant plusieurs années la question de la nationalité de Joseph Kabila.
Assumant pleinement cette position, l’universitaire a poursuivi : « Nous voulions que Kabila parte. Et nous nous sommes battus. Il est parti. »
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la multiplication des débats autour d’éventuelles réformes constitutionnelles en République démocratique du Congo. Elles illustrent également les profondes divergences qui continuent de traverser la classe politique et les milieux académiques sur l’interprétation et l’avenir de la Constitution de 2006.
Les propos du professeur André Mbata devraient alimenter davantage les discussions sur la révision constitutionnelle, tout en relançant un débat sensible sur l’histoire politique récente du pays et les motivations qui ont guidé certains acteurs durant les années de contestation du régime de Joseph Kabila.
HERVÉ KABWATILA




























































