Née et formée en République démocratique du Congo dans le réseau des écoles belges (Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi), Barbara Kanam Mutund complète son cursus universitaire par des études à l’Université de Pretoria en Afrique du Sud puis une spécialisation en commerce international en Côte d’Ivoire.
Ce parcours académique, ouvert et résolument international, se reflète dans sa capacité à conjuguer vision culturelle et rigueur de gestion.
Je suis avant tout artiste musicienne

Artiste auteure-compositrice depuis les années 1990, Barbara Kanam s’est imposée comme l’une des voix féminines majeures de la musique congolaise et africaine. Talentueuse, elle est affectueusement surnommée la « Diva » pour son talent, son style musical unique et sa prestance, titre qu’elle défend avec ses distinctions.
Sa carrière musicale, marquée par des textes engagés et des messages de paix et d’amour, s’est élargie vers l’entrepreneuriat culturel avec la création de son propre label, Kanam Music. Sa notoriété et son engagement social l’ont naturellement conduite vers des actions humanitaires en faveur des femmes, des enfants et de la promotion culturelle.
« À travers mes œuvres, j’ai toujours porté des messages de paix, d’amour et d’engagement social.
Au fil des années, j’ai également développé des activités entrepreneuriales, notamment avec mon label Kanam Music, ainsi qu’un engagement humanitaire en faveur des femmes, des enfants et de la culture », confie-t-elle.
Un management transformateur au FPC

En 2023, sa trajectoire a pris une dimension institutionnelle lorsqu’elle a été nommée Directeur Général du Fonds de Promotion Culturelle par ordonnance présidentielle.
À ce poste, Barbara Kanam travaille à structurer le secteur culturel en République démocratique du Congo, à soutenir les artistes et à faire de la culture un levier de développement économique et d’influence nationale. Son ambition est claire : transformer la culture en moteur stratégique pour le pays, en articulant sensibilisation, professionnalisation et financement.
« Mon parcours est donc celui d’une artiste engagée devenue gestionnaire publique, avec une vision : faire de la culture un moteur stratégique pour notre pays », a déclaré Barbara Kanam.
Sur les questions de société, elle s’impose comme une voix lucide et mobilisatrice.
Il faut vaincre les inégalités financières et la sous-représentation de la femme
Pour elle, l’émancipation de la femme congolaise progresse mais demeure confrontée à des obstacles profonds : pesanteurs socioculturelles, stéréotypes de genre, accès limité à une éducation de qualité, inégalités économiques et sous-représentation dans les sphères décisionnelles.
Ces freins appellent, selon elle, des réformes structurelles et une mobilisation conjointe de l’État, de la société civile et du secteur privé.
Pragmatique, Barbara Kanam reconnaît que les opportunités existent notamment dans l’entrepreneuriat et les industries créatives mais qu’elles restent inégalement distribuées. Elle souligne aussi la double exigence qui pèse sur les femmes dirigeantes : devoir sans cesse prouver leur légitimité tout en cultivant professionnalisme et résilience.
Si elle admet que le parcours politique et managérial n’est pas aisé pour une femme en RDC, elle observe toutefois une évolution positive grâce à des alliances constructives entre femmes et hommes engagés.
« Il y a une dynamique positive, notamment dans l’entrepreneuriat et les secteurs créatifs, mais il est essentiel de renforcer les mécanismes d’accompagnement, de formation et de financement pour permettre à davantage de femmes de s’épanouir pleinement », a-t-elle plaidé.
Barbara Kanam a encouragé la femme congolaise à croire en son potentiel, se former continuellement, persévérer et oser.
Pour elle, la discipline, la compétence et la détermination permettent de transformer les obstacles en tremplins, chaque femme ayant la capacité de diriger, d’innover et de participer activement à la transformation du pays.
« Le chemin peut être exigeant, mais il est accessible.
Il faut oser, travailler avec discipline et ne jamais laisser les obstacles définir ses limites. Chaque femme a en elle la capacité de diriger, d’innover et de transformer la société », a-t-elle conclu.
La Rédaction




























































