Le départ pour Kinshasa du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba, intervenu ce lundi, suscite de vives interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique locale. Alors que le gouvernorat de province évoque une mission officielle, des fuites documentaires et plusieurs sources concordantes pointent plutôt vers une convocation liée à la gestion sécuritaire et administrative de cette entité sous état de siège.
Officiellement, l’entourage de l’autorité provinciale affirme que ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une mission de service visant à tabler sur la situation sécuritaire globale de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Cependant, à Bunia, le doute s’installe. Selon des sources administratives et des documents officiels consultés, le chef de l’exécutif provincial aurait été invité de toute urgence dans la capitale pour des « investigations ». Des consultations seraient notamment prévues au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation pour clarifier plusieurs dossiers sensibles touchant à la gouvernance et à la persistance de l’activisme des groupes armés.
Cette convocation intervient dans un climat particulièrement lourd. Le week-end dernier, le gouverneur avait pourtant haussé le ton en rappelant l’interdiction formelle de la détention d’armes par les civils. Les spéculations sont d’autant plus alimentées que ce départ suit de près celui de Max Nissan Amande, chargé de mission du chef de l’État pour la médiation en Ituri, qui revenait tout juste d’une mission conjointe avec le gouverneur à Kampala, en Ouganda.
Face au flou qui entoure ce déplacement, la population de Bunia reste suspendue aux résolutions qui découleront des séances de travail à Kinshasa, alors que les défis de stabilisation et de retour des déplacés demeurent entiers.
JAMES KABWE




























































