L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de peser lourdement sur le système de santé en République démocratique du Congo (RDC). Selon les derniers chiffres communiqués par l’Institut national de santé publique (INSP), le pays compte désormais 8 544 cas confirmés et 4 114 décès dans sept provinces touchées.
Les provinces concernées sont l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Sud-Ubangi. Cette extension géographique témoigne de la persistance de la transmission du virus, alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge et de vaccination.
Une létalité de 48,2 %
Sur les 8 544 cas confirmés recensés, 4 114 patients sont décédés, selon l’INSP.Le taux de létalité global s’établit ainsi à 48,2 %, un niveau qui illustre la gravité de cette épidémie.
À l’inverse, 2 230 personnes sont déclarées guéries, tandis que 824 patients restent actuellement en isolement ou hospitalisés, d’après les mêmes données.Ces chiffres interviennent dans le contexte de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, causée par le virus Bundibugyo.
Face à la progression de l’épidémie, le gouvernement congolais et ses partenaires ont notamment renforcé le dispositif de riposte et adopté un plan révisé de 180 jours destiné à intensifier la réponse et à interrompre les chaînes de transmission.
Le suivi des contacts demeure un défi
Autre indicateur préoccupant : le taux de suivi des contacts s’établit à 73,8 %. Autrement dit, près de trois contacts sur quatre font l’objet d’une surveillance, tandis qu’une proportion encore importante des personnes exposées n’est pas suivie.
Or, l’identification et le suivi des contacts constituent un élément central de la riposte contre Ebola. Ils permettent de repérer rapidement l’apparition éventuelle de symptômes et d’isoler les personnes susceptibles d’avoir contracté le virus, afin de limiter la transmission. L’enjeu est particulièrement important dans un pays marqué par d’importants déplacements de populations.
L’extension de l’épidémie au Sud-Ubangi, devenue la septième province affectée, avait déjà suscité des inquiétudes quant au risque de propagation vers d’autres zones du pays et au-delà des frontières.
L’INSP rappelle toutefois que les chiffres épidémiologiques restent évolutifs. Ils peuvent être révisés après la consolidation et l’harmonisation des données transmises par les différentes provinces.
Cette précision est importante dans le suivi de l’épidémie : les bilans peuvent évoluer au fur et à mesure de la confirmation des cas, de la classification des décès et de la mise à jour des données issues du terrain.
Dans son dispositif de réponse, la RDC mise notamment sur la surveillance épidémiologique, la prise en charge rapide des malades, le suivi des contacts et la vaccination des personnes exposées ou particulièrement à risque.L’OMS souligne que la stratégie actuelle entend renforcer la coordination de la riposte et placer les communautés au cœur des interventions.
Avec 8 544 cas confirmés et 4 114 décès selon le dernier bilan cité de l’INSP, la maîtrise de l’épidémie reste donc un défi majeur pour les autorités sanitaires congolaises. La qualité du suivi des contacts et la rapidité de la prise en charge demeurent parmi les principaux leviers pour freiner la transmission et réduire la mortalité.
HERVÉ KABWATILA



























































