Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé une nouvelle alerte sur l’évolution de l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), la qualifiant de « deuxième plus grande épidémie jamais recensée » et de « plus rapide jamais observée ». Cette déclaration intervient alors que le pays a dépassé le cap des 6 000 cas signalés et approche les 3 000 décès liés à la maladie.
Selon les données communiquées par les autorités sanitaires et leurs partenaires, l’épidémie touche désormais 60 zones de santé réparties dans six provinces du pays, confirmant l’ampleur nationale de la crise sanitaire.
Lors d’une intervention conjointe avec Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, le chef de l’OMS a exprimé une vive inquiétude face à la persistance de la transmission communautaire du virus. Il a souligné que la majorité des décès continue d’être enregistrée en dehors des centres de traitement, dans les communautés, et concerne souvent des personnes qui n’étaient pas identifiées comme contacts de cas confirmés.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette situation révèle l’existence de chaînes de transmission encore inconnues des équipes de riposte, compliquant davantage les efforts de surveillance épidémiologique et de contrôle de la maladie.
Malgré les progrès réalisés dans plusieurs domaines, notamment le dépistage, la prise en charge des patients, la sensibilisation des populations et le renforcement de la surveillance sanitaire, les responsables internationaux estiment que la lutte contre Ebola nécessite des moyens supplémentaires pour être pleinement efficace.
Le directeur général de l’OMS a indiqué que le plan de riposte élaboré par le gouvernement congolais pour les six prochains mois requiert un financement estimé à 1,3 milliard de dollars américains. Il a ainsi appelé les États membres, les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux à accélérer leurs contributions afin de soutenir les opérations sur le terrain.
« Nous mettrons fin à cette épidémie. La question est de savoir à quelle vitesse, et combien de vies seront perdues avant d’y parvenir », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, insistant sur la nécessité d’une mobilisation rapide pour éviter une aggravation de la situation.
Ebola Bundibugyo, l’OMS reconnaît des incertitudes sur l’efficacité du vaccin Ervebo
Dans ses nouvelles directives d’urgence publiées le 31 août, l’OMS précise que le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE) a examiné des données animales, immunologiques et observationnelles supplémentaires suggérant une possible protection croisée du vaccin Ervebo contre le virus Ebola Bundibugyo (BDBV), sans toutefois disposer de preuves suffisantes pour établir une efficacité cliniquement significative chez l’humain.
L’organisation détaille les bénéfices, risques et inconnues associés à un usage hors protocole de ce vaccin, le seul homologué contre Ebola à ce jour, dans le cadre de l’épidémie en cours, et recommande qu’il ne soit utilisé que dans le cadre de protocoles de recherche.
Elle insiste sur la nécessité de générer rapidement des données d’efficacité robustes via un essai randomisé en anneau, de maintenir les mesures classiques de contrôle de l’épidémie, de communiquer clairement sur l’incertitude entourant l’efficacité contre le BDBV, et d’accélérer le développement de vaccins et contre-mesures spécifiques à cette souche.
HERVÉ KABWATILA



























































