Trois ressortissants de la RDC ont été remis par les autorités judiciaires de Brazzaville à Kinshasa, sous la supervision du ministre de la Justice Guillaume Ngefa déclenchant ainsi un grand questionnement sur l’identité des autres codétenus alors que certaines sources parlent de deux porteurs de passeports diplomatiques frauduleux avec parmi eux une personne inconnue jusque là .
S’agit-il du tueur présumé de l’entrepreneur Vally Amisi ? Telle est la question.
Un parfum de thriller diplomatique et judiciaire flotte entre les deux capitales les plus proches du monde. Mardi, dans la plus grande discrétion, les autorités judiciaires de la République du Congo ont remis à leurs homologues de la RDC trois ressortissants congolais. Une opération menée « sans tambour ni trompette », confirmée par des sources officielles à l’Agence Congolaise de Presse (ACP), mais qui suscite déjà d’immenses interrogations au sein de l’opinion publique.
L’affaire a débuté le 5 août dernier à l’aéroport international Maya-Maya de Brazzaville. Deux membres d’une même famille ont été interceptés par la police des frontières. Dans leurs bagages : des passeports diplomatiques congolais obtenus dans des circonstances hautement suspectes, faisant actuellement l’objet de vérifications approfondies.
Qui sont-ils ? Pour qui travaillent-ils ? Alors que l’enquête s’accélère, c’est l’identité du troisième passager de ce transfert ultra-sécurisé qui focalise toutes les attentions.
Un troisième homme incognito : Le tueur de Vally Amisi enfin transféré ?
Selon des sources concordantes, cette remise de prisonniers s’inscrit en ligne droite du renforcement de la coopération judiciaire insufflé par le ministre d’État de la Justice de la RDC, Guillaume Ngefa. C’est ce dernier qui s’est personnellement investi pour activer les accords bilatéraux afin de récupérer les fugitifs.
La question est désormais sur toutes les lèvres à Kinshasa : ce troisième détenu, gardé incognito, est-il Bénie Mukena Mwepu ? Pour rappel, ce jeune homme de 26 ans est le principal suspect du meurtre brutal de l’entrepreneur et dirigeant sportif Vally Amisi, dont le corps sans vie avait été retrouvé à la Gombe en avril dernier.
Arrêté le 2 août à Brazzaville après quatre mois de cavale, les rumeurs indiquaient que son extradition vers la RDC patinait pour des raisons administratives. L’exfiltration de ce troisième suspect sans communication officielle majeure vise-t-elle à protéger l’enquête, ou à étouffer de potentielles révélations fracassantes ?
Si le troisième homme est bien le suspect de l’affaire Vally Amisi, son arrivée au parquet de Kinshasa promet de faire trembler la République. Dans une vidéo fuitée lors de son arrestation à Brazzaville, le suspect affirmait avoir agi sur instruction de personnes « très haut placées », précisant qu’on lui avait simplement « fourni l’arme » pour exécuter le contrat.
En orchestrant ce transfèrement à l’abri des projecteurs, la justice congolaise cherche-t-elle à couper court aux pressions politiques ?
Pour le cabinet de Guillaume Ngefa, l’objectif est clair : démontrer la fin de l’impunité et l’efficacité de l’État de droit. Les trois suspects sont désormais entre les mains de la justice kinoise, soumis aux grilles de l’interrogatoire pour établir les responsabilités.
Entre faux passeports diplomatiques, assassinats ciblés et secrets d’État, la vérité est en passe d’éclater. Reste à savoir si le procès public promis sera totalement transparent, ou si la vérité sera, elle aussi, étouffée en catimini.
JAMES KABWE




























































