La tension est vive dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Depuis le dimanche 4 janvier 2026, des affrontements sanglants opposent deux groupes armés dits « Wazalendo » : la CNPSC d’Amuri William Yakotumba et les Forces d’Autodéfense Biloze Bishambuke (FABB) dirigées par le général autoproclamé Kalembe Delphin Ngoma Nzito.
Tout est partie à la suite d’un désaccord sur le contrôle d’un poste de péage illégal. Selon Ngoma Alimasi, président de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) à Fizi, les éléments de la CNPSC ont entrepris de démantèlement d’une barrière tenue par les « Bishambuke » au village de Bunenge.
Si certains évoquent un accord de gestion rotative des recettes de la barrière qui aurait été violé, d’autres confirment la volonté de la CNPSC de supprimer purement et simplement ce poste. En représailles, les éléments des FABB ont tendu une embuscade au retour des combattants de la CNPSC.
« Trois personnes ont été tuées lors de cette embuscade, dont deux Wazalendo et le motard qui les transportait », précise Ngoma Alimasi.
Loin de s’arrêter là, la situation a dégénéré en expédition punitive. Ce lundi 5 janvier au matin, les éléments de la CNPSC ont lancé une attaque contre le village de Namisha, situé à environ 12 km de Fizi-centre.
Des actes de vandalisme ciblés, notamment à l’église de la 8e CEPAC de Kagunga, où les instruments de musique de la chorale ont été détruits.
Un conflit qui inquiète la société civile
Kibunda Matanya, secrétaire exécutif de la mutualité Buguma Bwa Bafuliro, dénonce une mutation dangereuse du conflit. Selon lui, une dispute entre groupes armés est en train de se transformer en un conflit communautaire ciblant spécifiquement les membres de la communauté Fuliro.
Face à cette barbarie, la population de Namisha a pris la fuite pour se réfugier dans les localités voisines d’Ekyengya et vers le centre de Fizi, craignant de nouvelles exactions.
Contacté pour faire la lumière sur ces événements et annoncer des mesures de sécurisation, l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Badibanga, a promis de s’exprimer officiellement dans les prochaines heures.
En attendant, le climat reste délétère et les activités sont paralysées dans la zone, laissant les civils une nouvelle fois entre deux feux.
La rédaction































































