Uvira, deuxième ville de la province du Sud-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, connaît un retour progressif à la normalité institutionnelle. Près de deux mois après avoir quitté la ville face à l’avancée du groupe armé AFC/M23, les autorités civiles et militaires ont fait leur retour officiel. Leur priorité affichée : rétablir l’ensemble des services publics interrompus pendant la période d’occupation. Toutefois, ce retour est assombri par des accusations graves formulées par le gouverneur de la province, Jean-Jacques Purusi, qui affirme que deux fosses communes auraient été découvertes dans la ville.
Le gouverneur Purusi a détaillé, lors d’une déclaration publique jeudi 26 février 2026, que deux sites distincts avaient été identifiés à Uvira. Le premier se situe dans le quartier de Kiromoni, relevant de la commune de Kavinvira. Selon ses informations, plusieurs corps y seraient enterrés. Le maire de la ville a confirmé que les autorités avaient été alertées par des acteurs de la société civile locale. Dans le quartier même, certains habitants évoquent précisément la présence de six corps, bien qu’aucune exhumation n’ait été réalisée à ce jour pour vérifier ces affirmations.
Le second site signalé par les autorités se trouve au cimetière de Kavinvira. D’après les éléments avancés par le gouverneur Purusi, cet endroit contiendrait plusieurs dizaines de corps. Cette révélation a provoqué une onde de choc au sein de la population locale et parmi les organisations de défense des droits humains qui suivent attentivement la situation dans la région.
Parallèlement, à une trentaine de kilomètres d’Uvira, dans la cité de Sange, des membres de la société civile font état d’une autre fosse commune. Selon leurs témoignages, ce site se trouverait le long de la route nationale numéro 5 et contiendrait une dizaine de corps. Ces différentes allégations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune enquête indépendante permettant de les confirmer ou de les infirmer de manière définitive.
Les accusations du gouverneur Purusi s’inscrivent dans un contexte déjà documenté par les organisations de défense des droits humains. En janvier dernier, l’organisation Human Rights Watch (HRW) avait publié un rapport détaillé sur les exactions commises lors du contrôle d’Uvira par l’AFC/M23. Selon ce rapport, des combattants du groupe armé avaient menacé et harcelé des personnes considérées comme opposées à leur mouvement.
L’ONG internationale allait plus loin en évoquant des cas de meurtres, de disparitions forcées et de recrutement forcé de civils. Une source onusienne citée par Human Rights Watch faisait état d’une dizaine de personnes tuées pendant cette période. Ces éléments corroborent en partie les affirmations des autorités provinciales concernant l’existence de fosses communes, bien qu’une investigation indépendante et approfondie demeure nécessaire pour établir les faits avec certitude.
Il y a lieu de noter que, ces accusations joins à la découverte présumée de fosses communes dessinent un tableau préoccupant de la situation des droits humains dans la province du Sud-Kivu.
HERVE KABWATILA































































