Après un an de gestion intérimaire à la tête de la province du Haut-Katanga, le bilan de Martin Kazembe Shula s’avère contrasté et suscite des avis partagés au sein de la classe politique et de la population locale. Propulsé aux commandes en juillet 2025 à la suite de la suspension du gouverneur titulaire Jacques Kyabula Katwe, le chef de l’exécutif provincial par intérim navigue entre avancées infrastructurelles et persistance des défis politiques, socio-économiques et sécuritaires.
Cette année de transition a permis de maintenir la continuité de l’État dans la riche province minière, tout en actant un changement visible d’équipe administrative et gouvernementale bien qu’ayant des limites de sa gouvernance, marquée par une fragilité politique constante.
Une année après, son bilan demeure perçu comme « en demi-teinte » : si la transition a initialement ralenti la cadence spectaculaire des travaux de surface, la nouvelle équipe s’est investie dans une restructuration matérielle et budgétaire censée pérenniser le développement de la province.
Selon plusieurs voix croisées, la province peine à décoller, plusieurs chantiers laisser par son prédécesseur demeurent en arrêts et certains projets d’intérêt national désormais classer sans suite. La raison est que l’intérim avait débuté par un gel temporaire des paiements pour auditer les comptes de la province, ce qui a mécaniquement freiné le décaissement des fonds alloués aux entreprises de construction partenaires.
Bien que des critiques pointent du doigt un certain ralentissement par rapport à l’élan de l’ancienne administration, le gouvernement intérimaire s’efforce d’imprimer sa propre marque à travers de nouvelles orientations stratégiques.
Face aux critiques, l’administration de Martin Kazembe avait rejeté l’idée d’un abandon des chantiers tout en mettant en avant une stratégie axée sur la durabilité et l’autonomie financière.
En avril 2026, un ambitieux plan de développement de 3,48 milliards de dollars a été validé, inscrivant la gestion des infrastructures dans un cadre à long terme plutôt que dans des interventions au coup par coup.
Durant le mois de juin, le gouvernement provincial a doté le Haut-Katanga de plus de 200 engins de génie civil (excavatrices, bulldozers), acquis sur fonds propres. Cette flotte vise à accélérer la réhabilitation des routes sans dépendre exclusivement de la sous-traitance privée. Un accent a été mis sur le désenclavement, notamment via l’entretien de la Route Nationale 5 (RN5) et la relance des routes de desserte agricole pour stimuler l’économie locale.
Du point de vue sécuritaire
Un an après, face au défi majeur de la criminalité urbaine et rurale, l’autorité provinciale a mis en œuvre plusieurs réformes structurelles pour appuyer les forces de l’ordre. L’exécutif provincial met en avant une baisse de la criminalité urbaine et rurale, bien que de nombreux défis de banditisme persistent. Il a maintenu l’ordre et la sécurité sur l’ensemble de la province.
Ce bilan d’un an reflète une transition qui a donné la priorité à l’alignement stratégique avec la capitale et au lobbying institutionnel, laissant la population locale dans l’attente de réformes socio-économiques plus palpables au quotidien.
JAMES KABWE




























































