Les Nations unies ont exprimé leur vive inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), où l’insécurité persistante expose davantage les populations déplacées aux violences et complique les opérations humanitaires dans une région déjà confrontée à l’épidémie d’Ebola.
Lors d’un point de presse tenu dimanche 02 août 2016, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a rapporté qu’au moins douze enfants déplacés auraient été enlevés par des hommes armés le 29 juillet dernier à proximité du site de déplacés de Plaine Savo, situé dans le territoire de Djugu.
« Cet incident survient dans un contexte d’insécurité croissante et d’attaques répétées contre des civils. Des organisations de la société civile locales signalent qu’au moins 23 personnes déplacées ont été tuées dans et autour du site au cours du premier semestre de cette année », a déclaré le porte-parole.
Le site de Plaine Savo accueille actuellement plus de 76 000 personnes déplacées ayant fui les violences récurrentes qui secouent plusieurs localités de l’Ituri.
Selon les Nations unies, les conditions de vie y demeurent particulièrement précaires, avec un accès limité à la nourriture, à l’eau potable et aux services de base.L’insécurité persistante continue également de restreindre l’accès des organisations humanitaires aux populations vulnérables.
Malgré ces difficultés, le Programme alimentaire mondial (PAM) poursuit son assistance sur le terrain. Entre le 6 et le 22 juillet, l’agence onusienne a distribué une aide alimentaire à plus de 48 000 déplacés considérés comme les plus vulnérables. D’autres opérations de distribution sont prévues au cours du mois d’août afin de répondre aux besoins croissants des habitants du site.
La situation est d’autant plus préoccupante que Plaine Savo se trouve dans la zone de santé de Fataki, où des cas de maladie à virus Ebola ont été confirmés. Si aucun cas n’a été signalé à l’intérieur du site à ce jour, les agences humanitaires redoutent que la forte densité de population et les conditions sanitaires difficiles favorisent une propagation rapide du virus en cas d’introduction de la maladie.
Face à cette double menace sécuritaire et sanitaire, les Nations unies ont renouvelé leur appel à toutes les parties impliquées dans le conflit afin qu’elles respectent leurs obligations en matière de protection des civils.L’organisation insiste particulièrement sur la nécessité de protéger les enfants et de garantir un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave aux populations affectées.
Il faut noter que la province de l’Ituri continue de faire face à des violences armées récurrentes et à une crise humanitaire persistante, l’ONU estime que le renforcement de la protection des déplacés et la sécurisation de l’assistance humanitaire demeurent des priorités urgentes pour éviter une aggravation de la situation.
HERVÉ KABWATILA



























































