La tension monte en République Démocratique du Congo. Dans un communiqué conjoint publié ce 21 mars 2026, trois organisations de défense des droits de l’homme dénoncent l’arrestation brutale et le transfert en prison de Sefu Anjisina Abdul Olivier, Kambale Odo Jackson et Paluku Kamate Joachim, trois figures du mouvement citoyen LUCHA.
Tout commence le 12 mars dernier. Alors qu’ils manifestaient pacifiquement devant les bureaux de la REGIDESO à Bunia pour réclamer un droit fondamental qui est l’accès à l’eau potable. Les trois militants ont été interpellés sur instruction directe du maire de la ville.
Ce qui ne semblait être qu’une interpellation administrative a pris une tournure bien plus sombre. Selon les organisations PPI, IPDHOR et ADEDHO, les militants auraient subi des actes de torture après leur transfert à l’auditorat militaire, avant d’être envoyés en urgence à la prison centrale de Bunia.
Le dossier a franchi une étape critique ce 20 mars 2026. L’auditeur militaire de garnison, le Major Mag Ngembo Ngwama Guillaume, a officiellement renvoyé l’affaire devant le tribunal militaire. Le chef d’accusation est sans appel : atteinte à la sûreté de l’État.
Pour les signataires du communiqué, cette qualification est une manœuvre de criminalisation de l’engagement citoyen :
« Cette arrestation constitue une entrave grave à l’espace civique en Ituri et une violation manifeste de la Constitution de la RDC, qui garantit les libertés d’expression et de manifestation pacifique. »
Face à ce qu’elles considèrent comme une dérive autoritaire, les ONG PPI, IPDHOR et ADEDHO exigent des actions immédiates :Libération immédiate et sans condition des trois militants de la LUCHA.
Cessez-le-feu contre l’espace civique et demande au gouvernement central de veiller au respect des droits fondamentaux.
Les organisations appellent également la communauté internationale et les Nations Unies à observer de près l’évolution du procès devant le tribunal militaire de Bunia, rappelant que la RDC doit honorer ses engagements internationaux en matière de droits humains.
LA RÉDACTION



























































