La journée de travail s’est achevée dans la frustration pour des milliers d’habitants de Kinshasa. En raison d’une grève des chauffeurs de transports en commun, une grande partie de la population s’est retrouvée sans solution pour rentrer chez elle, contrainte pour beaucoup de parcourir plusieurs kilomètres à pied.
Habituellement saturées de taxis et de minibus, plusieurs artères de la capitale présentaient un visage inhabituel ce lundi 16 mars 2026. Si la circulation paraissait plus fluide que d’ordinaire, l’absence de transports publics a plongé de nombreux habitants dans une situation difficile. Aux arrêts de bus, des foules compactes attendaient en vain un véhicule disponible.Certains passagers affirment avoir patienté plusieurs heures sans succès.
« Comment pense-t-il que les gens vont rentrer aujourd’hui ? », s’indigne un usager resté bloqué dans un arrêt du centre-ville, dénonçant le silence des autorités.
Depuis le début du mouvement de grève, aucune communication officielle n’a été faite par le ministère des Transports, ce qui alimente la colère et l’inquiétude des citoyens.
Pour plusieurs observateurs, cette situation met en lumière un manque d’anticipation et de coordination dans la gestion du secteur des transports urbains, aussi bien au niveau national que provincial.
Selon eux, des solutions temporaires auraient pu être envisagées afin de limiter l’impact de la grève sur la population.Parmi les pistes évoquées figurent notamment la mobilisation de bus publics ou l’organisation de dispositifs de transport d’urgence pour les travailleurs et les élèves.
Au-delà du ministère des Transports, certains analystes estiment que d’autres institutions gouvernementales auraient pu intervenir face à cette crise sociale. Les ministères en charge des droits humains ou des affaires sociales disposent, en théorie, de leviers pour organiser une assistance minimale aux citoyens affectés.Dans l’histoire récente du pays, des mesures exceptionnelles avaient parfois été prises lors de crises similaires.
Sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila, des véhicules militaires avaient occasionnellement été mobilisés pour transporter la population lorsque les transports publics étaient paralysés.
En fin de journée, de nombreux habitants tentaient encore de trouver un moyen de regagner leurs quartiers périphériques, souvent très éloignés du centre-ville. Fatigue, colère et inquiétude dominaient les discussions aux arrêts de bus et le long des routes.
Pour l’heure, aucune indication claire n’a été donnée sur la durée de la grève ni sur d’éventuelles mesures d’urgence. Les habitants de Kinshasa redoutent déjà que la journée suivante ne reproduise les mêmes difficultés, dans une ville où le transport reste l’un des défis majeurs du quotidien.
HERVÉ KABWATILA





























































