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L’étau se resserre autour de l’opposition en République Démocratique du Congo. Le président de l’ADD Congo et cadre de la coalition d’opposition C64, Prince Epenge, a été arrêté à l’aéroport international de N’djili. Empêché de quitter le territoire national, l’homme politique a été arrêté puis conduit, le visage dissimulé sous une cagoule, vers les locaux du Conseil national de cyberdéfense (CNC).
Officiellement, la justice congolaise poursuit l’opposant pour « propagation de faux bruits ». Cette interpellation est directement liée à l’affaire entourant la mort de Manassé Lomboto, militant et responsable de la sécurité de son parti. Les autorités reprochent à Prince Epenge d’avoir publiquement qualifié ce décès d’« assassinat », alors que les investigations judiciaires suivent encore leur cours.
Manassé Lomboto est décédé à la suite de la manifestation organisée par la coalition de l’opposition C64. Pour ses proches politiques, il ne fait aucun doute que le garde du corps a succombé à des violences ciblées, imputées aux membres de la « Force du progrès », une structure de jeunesse affiliée à l’UDPS, le parti au pouvoir. [1, 2]
Face à ces accusations, une bataille de récits fait rage à Kinshasa. Des voix au sein de l’opposition soupçonnent le pouvoir exécutif d’exercer de fortes pressions sur la direction de l’établissement hospitalier afin d’obtenir un certificat de décès concluant à une mort naturelle. Quelques jours avant son arrestation, l’ADD Congo était montée au créneau pour dénoncer une rencontre secrète entre le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, et la famille biologique de la victime. Une démarche qualifiée par le parti d’Epenge de tentative d’« achat de conscience ».
Malgré l’ouverture d’une enquête et la délivrance d’une réquisition d’information par le parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu, l’autopsie scientifique promise se fait toujours attendre. La dépouille de Manassé Lomboto demeure immobilisée à la morgue du Centre hospitalier universitaire (CHU) du Cinquantenaire. Les forces de l’ordre s’étaient opposées à la levée du corps par la famille et les leaders de la coalition d’opposition.
Cette arrestation musclée d’un des visages vocaux de la résistance politique à Kinshasa marque un nouveau pic de tension entre la majorité présidentielle et les forces de l’opposition, alors que la question des libertés publiques et de l’indépendance de la justice reste au cœur des débats en RDC.
JAMES KABWE




























































