À Kinshasa, la tension remonte d’un cran entre les autorités urbaines et les professionnels du transport. Moins de deux semaines après le débrayage du 16 mars, les chauffeurs projettent un nouveau mouvement de grève de 48 heures, prévu du 30 au 31 mars.
Dans une correspondance officielle adressée au gouverneur, l’Alliance des Associations des Chauffeurs Professionnels de la RDC (AACP-RDC) annonce cette mobilisation pour protester contre le non-respect des engagements pris par l’Hôtel de ville à l’issue des précédentes négociations.
Selon l’organisation, les mesures convenues avec le ministère provincial des Transports et de la Mobilité urbaine n’ont pas été appliquées, laissant les chauffeurs dans des conditions de travail jugées toujours aussi difficiles. L’AACP-RDC évoque une « profonde préoccupation » face à cette situation, malgré la signature d’un protocole d’accord censé apaiser les tensions.
Parmi les principales revendications figurent la fin des tracasseries routières et la limitation des contrôles aux seuls agents habilités. Les chauffeurs dénoncent des pratiques assimilées à du harcèlement, qui alourdissent leurs charges quotidiennes.
Ils exigent également l’instauration d’un moratoire sur le contrôle technique des véhicules, afin de permettre une mise en conformité progressive. En parallèle, ils appellent à une meilleure régulation du secteur, notamment en ce qui concerne les services de véhicules de transport avec chauffeur (VTC), perçus comme une concurrence insuffisamment encadrée.
Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de volonté politique, les transporteurs haussent le ton. Ils préviennent que cette grève pourrait être suivie d’actions plus radicales si aucune réponse concrète n’est apportée dans les prochains jours.
Une telle mobilisation pourrait avoir des conséquences significatives sur la vie économique et sociale de la capitale congolaise, où une grande partie de la population dépend des transports en commun pour ses déplacements quotidiens.
L’AACP-RDC insiste toutefois sur le caractère progressif de son action, présentée comme un signal d’alerte adressé aux autorités provinciales. Pour les chauffeurs, l’objectif reste avant tout d’obtenir le respect des engagements pris et d’améliorer durablement les conditions d’exercice de leur profession.
HERVE KABWATILA




























































