Sous l’effet des pluies diluviennes qui s’abattent sur Kinshasa, la commune de Selembao est confrontée à une crise environnementale d’une ampleur préoccupante.Plus de 77 têtes d’érosion y ont été recensées, fragilisant progressivement cette entité urbaine, désormais exposée à des eaux de ruissellement incontrôlées.
Dans une vidéo diffusée ce jour sur les réseaux sociaux, le président du Conseil communal de Selembao, Pépé Kingudi, a dressé un constat alarmant : « Notre territoire communal n’est plus seulement menacé, il est en train de disparaître physiquement de la carte de Kinshasa ».
Parmi les principales préoccupations figure l’avenue de la Libération, axe routier majeur aujourd’hui directement menacé par la progression rapide des ravins, notamment en provenance de la Cité Camping. « Si cette artère est coupée, les conséquences économiques et logistiques seront considérables pour toute la capitale », avertit l’autorité communale.
Cette voie essentielle assure la liaison entre plusieurs communes stratégiques de la capitale, dont Ngaliema, Bumbu, Ngiri-Ngiri et Bandalungwa. Sa dégradation pourrait entraîner l’isolement de centaines de milliers d’habitants et perturber gravement les activités économiques locales.
La cité de camping apparaît comme le principal foyer de cette dégradation environnementale. L’intensité de l’érosion y menace directement plusieurs quartiers, notamment Kimbembe, Nkingu, Kipoy et Madiata.
Selon Pépé Kingudi, la situation est critique : « À chaque pluie, le même scénario se répète : des parcelles s’effondrent, des familles perdent en quelques heures les biens accumulés toute une vie ». Les conséquences sont déjà visibles : habitations détruites, infrastructures dégradées, quartiers progressivement enclavés et multiplication des glissements de terrain.
Face à l’ampleur de la crise, les autorités locales appellent le gouvernement central à faire de la lutte contre l’érosion une priorité nationale. « La stabilisation des ravins est indispensable pour désenclaver durablement la commune, préserver les infrastructures et assurer son développement », insiste le président du Conseil communal.
Tout en saluant certaines interventions, notamment les travaux de curage de la rivière Makelele qui ont permis de protéger le pont Lubudi sur l’avenue Landu, les autorités alertent sur d’autres zones à risque, en particulier la rivière Kalamu, souvent à l’origine d’inondations. « Nous redoutons des situations difficilement maîtrisables en cette période de fortes pluies », prévient-il.
Au-delà de Selembao, cette situation met en lumière un défi environnemental majeur pour l’ensemble du pays. Pour Pépé Kingudi, chaque avancée de l’érosion représente une perte tangible du territoire national : « Chaque mètre de terre emporté est une partie de notre pays qui disparaît ».
Il appelle à une mobilisation urgente et coordonnée, en particulier dans la Cité Camping, afin de protéger l’avenue de la Libération et d’éviter une catastrophe aux conséquences potentiellement irréversibles.
HERVÉ KABWATILA































































