La scène politique congolaise vient d’essuyer une nouvelle secousse verbale dont Lambert Mende Omalanga a le secret. L’ancien ministre de la Communication et des Médias, aujourd’hui figure de proue de l’Union sacrée, a jeté un pavé dans la mare en liant explicitement la longévité au pouvoir du président Félix Tshisekedi à la situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Pour le leader du CCU, l’état de guerre impose une continuité politique de fait.
Lors d’une récente intervention médiatique qui fait déjà grand bruit à Kinshasa, Lambert Mende n’a pas usé de la langue de bois. Selon lui, le contexte d’agression perpétruelle dont la RDC accuse le Rwanda, via le groupe rebelle du M23, redéfinit totalement les priorités nationales, y compris le calendrier démocratique normal.
« Tant que l’agression rwandaise persistera, Félix Tshisekedi restera au pouvoir », a-colporté l’expérimenté tribun.
Par cette affirmation, Lambert Mende insinue que la déstabilisation des frontières orientales du pays constitue une force majeure. Elle justifierait, à ses yeux, le maintien du commandant en chef à la tête de l’État pour garantir la cohésion nationale et mener l’effort de guerre.
Pour les partisans de cette ligne, cette position relève du bon sens militaire et patriotique. Changer de leadership au sommet de l’État en pleine tempête sécuritaire affaiblirait la position de la RDC face à ses agresseurs. Lambert Mende positionne ainsi Félix Tshisekedi comme le rempart indispensable de la souveraineté congolaise, dont le mandat ne saurait être fragilisé par des contingences politiques ordinaires tant que l’intégrité territoriale est menacée.
Sans surprise, cette sortie suscite une levée de boucliers au sein de l’opposition et de la société civile. Pour les détracteurs du régime, les propos de Mende sonnent comme l’aveu d’un agenda caché : instrumentaliser la guerre à l’Est pour légitimer un maintien indéfini au pouvoir, au mépris des règles constitutionnelles. La crainte d’un « glissement » des cycles électoraux sous prétexte d’insécurité refait ainsi surface dans le débat public.
Alors que les initiatives diplomatiques, notamment le processus de Luanda, peinent à instaurer une paix durable, cette déclaration de Lambert Mende déplace le conflit du front militaire vers le terrain politique. Elle pose une question cruciale pour l’avenir de la RDC : la démocratie congolaise peut-elle survivre à une guerre qui n’en finit pas ?
JAMES KABWE




























































