Le débat sur le changement ou la révision de la Constitution du 18 février 2006 est actuellement au centre de l’actualité politique en République Démocratique du Congo (RDC). Critiquée comme étant un texte « dépassé », inadapté aux réalités congolaises et élaboré sous influence étrangère. Les reproches portent essentiellement sur la souveraineté, la lourdeur des institutions, le régime politique, les mandats, la nationalité, ainsi que l’organisation du pouvoir judiciaire et la décentralisation, l’impératif de révision pour une meilleure gestion du pays.
Pierre Lumbwe Kazimoto, cadre de l’UDPS et leader politique du Tanganyika, a exprimé vivement son soutien à l’initiative de révision ou de changement de la Constitution, saluant la volonté du Président Félix Tshisekedi de doter le pays d’un texte plus adapté aux réalités nationales afin de mettre fin au désordre institutionnalisé par l’actuelle loi fondamentale.
Il considère que la démarche présidentielle vise avant tout à léguer à la République une Constitution qui reflète mieux les aspirations du peuple congolais, et exhorte la population, particulièrement celle du Grand Katanga et du Tanganyika, à s’approprier ce projet qu’il qualifie d’initiative pour le « salut du peuple congolais »
À l’en croire, deux décennies après cette loi fondamentale qui a instauré la troisième république, plusieurs textes régissant actuellement le pays ne reflètent plus les besoins sociologiques et politiques de la RDC, ni les mœurs, les coutumes, ni les aspirations profondes du peuple congolais.
Pour le leader du Tanganyika, l’architecture institutionnelle actuelle souffre d’un décalage majeur avec les besoins contemporains. Ses faiblesses incluent la fatigue des structures héritées du passé, une déconnexion entre le cadre bâti et les nouveaux usages sociaux, ainsi qu’une incapacité à répondre efficacement aux défis de la transition écologique. De plus, elle fait face à une bureaucratie lourde, des contraintes budgétaires limitant l’innovation, et un manque de réinvestissement dans des lieux stratégiques.
Des principaux articles et dispositions critiqués
L’actuelle Constitution est critiquée pour ses faiblesses structurelles, notamment l’article 217 sur l’abandon partiel de la souveraineté, la complexité du régime semi-présidentiel générant des conflits, et l’inadéquation du découpage territorial. Jugée inadaptée par certains, elle fait débat concernant les émoluments des officiels, l’article 10 sur la nationalité (Cette disposition, jugée limitante par certains, prive de nombreux Congolais de la diaspora de leurs droits politiques et civiques en RDC, déclenchant des débats sur sa révision pour encourager l’inclusion et l’investissement).
Par ailleurs, les Articles 197 et 198 sur la décentralisation consacrent la décentralisation, mais font face à des critiques majeures. Le processus est jugé complexe en raison du manque d’infrastructures et du transfert lent des ressources. L’article 13 sur la discrimination, fait aussi l’objet des critiques sur l’accès aux fonctions publiques et les droits civils basées sur l’origine, le sexe, la religion, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle, particulièrement dans l’accès à l’emploi et aux services publics au nom de la géopolitique.
Les articles sur les émoluments (89, 95, 109) ne permettent pas de limiter efficacement les dépenses de fonctionnement des institutions, parfois jugées trop élevées.
C’est donc une panoplie de textes jugés faibles et inadaptés. Une réforme structurelle est jugée indispensable pour assainir la gouvernance et bien d’autres secteurs clés de la vie nationale.
JAMES KABWE





























































