Le mouvement « Sauvons la RDC », fondé par l’ancien président Joseph Kabila, a exprimé son soutien aux initiatives du président angolais, João Lourenço, actuellement président de l’Union Africaine, pour un dialogue inclusif visant à résoudre la crise qui sévit à l’est de la RDC. Cependant, cette plateforme de l’opposition a émis des réserves quant à l’efficacité de cette démarche.
Dans une déclaration parvenue à FOXTIME.CD, le mouvement a souligné que « le succès de tout dialogue repose avant tout sur la sincérité et la bonne foi des parties ». Il dénonce un cycle de médiations multiples, passant de Nairobi à Luanda, puis à Doha, qui n’a fait que renforcer une impression d’instabilité.
« Pas sur le nombre de voyages effectués, de capitales visitées ou de médiateurs de haut rang invités à s’impliquer. Le changement sans arrêt de lieux et de médiateurs auquel nous assistons de Nairobi à Luanda, de Luanda à Doha, de Doha à Luanda, en passant brièvement par Bujumbura, Kampala, Lomé et tant d’autres capitales, consacre l’instabilité de la vision, laisse un goût d’inachevé et semble voulu, beaucoup plus, pour donner le tournis que l’assurance attendue du pouvoir qu’il aurait finalement compris – mieux vaut tard que jamais, le bien-fondé d’une solution politique à la crise », peut-on lire dans un communiqué notamment signé par Raymond Tshibanda, Seth Kikuni, Franck Diongo et Matata Ponyo.
Dans ce même ordre d’idées, ce bloc dénonce « l’instabilité de la parole d’Etat, des ambiguïtés stratégiques, des contradictions quant au choix des options pour la résolution de la crise, l’instrumentalisation des processus politiques, et leur manipulation ».
Selon le Mouvement, ces méthodes ont enlevé toute fiabilité aux engagements pris par le Président Tshisekedi et son régime, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Pour la réussite de cette initiative, les acteurs de ce Mouvement appellent au respect des engagements pris par le gouvernement, notamment concernant la libération des prisonniers politiques, l’observance du cessez-le-feu ainsi qu’à la décrispation politique avant toute négociation.
Le dialogue, selon eux, doit être véritablement inclusif.
« Le gouvernement du Président Tshisekedi continue à arrêter et/ou enlever, contraindre à l’exil des opposants politiques, des généraux et autres officiers, des journalistes, des activistes des droits de l’homme ainsi que tous ceux qui, au nom de la liberté d’opinion qui est constitutionnellement reconnue à tous les citoyens congolais, se permettent d’émettre un son discordant par rapport à celui du pouvoir », dénoncent les animateurs de « Sauvons la RDC ».
Ils soulignent que les actions du président Tshisekedi contredisent ses promesses, alimentant ainsi les tensions.
« La volonté politique se prouve par le respect des engagements pris et des accords déjà signés », ajoute le même document.
De même, ils plaident pour que les Évêques des Églises catholique et protestante au Congo, jouent un rôle central dans tout processus futur.
« Nous affirmons que les problèmes des Congolais ne peuvent être réglés sans l’implication active des Congolais eux-mêmes. Imposer un véto à l’implication de nos Evêques comme médiateurs, comme le fait le pouvoir en place, porte à croire que, beaucoup moins qu’un véritable dialogue, ce qui est projeté est une tentative de réédition », ont-ils conclu.
La sortie de cette structure politique pro Kabila intervient alors que l’Angola a officiellement lancé les consultations de différentes classes socio-politiques du pays.
La veille, le président Lourenço a échangé à Luanda, avec les représentants de la CENCO et de l’ECC, porteurs du projet « Pacte Social » pour la résolution pacifique de la crise.
Mont Carmel NDEO





























































