Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution s’est invité à la 13e conférence des gouverneurs, tenue du 24 au 28 mars à Bandundu (province du Kwilu).
Lors de la cérémonie de clôture, plusieurs gouverneurs, majoritairement membres de l’Union sacrée de la Nation, la plateforme qui soutient la vision du président Félix Tshisekedi, se sont exprimés au nom de leurs provinces en faveur d’une révision ou d’un changement de la Constitution. C’est notamment le cas des gouverneurs du Kwilu (province hôte), du Lualaba, du Kasaï-Oriental et de la Mongala.
Pour Philippe Akamituna, gouverneur du Kwilu, « aucune constitution n’est éternelle ».
« Parce que nous estimons qu’aucune constitution n’est éternelle, la province du Kwilu soutient le changement ou la révision de la Constitution », a‑t‑il déclaré.
« La province du Kasaï-Oriental adhère à l’initiative de changement de la Constitution », a souligné, pour sa part, Jean‑Paul Mbwebwa Kapo.
Le gouverneur de la Mongala, Jean‑Collins Makaka Pap’ekaka, a estimé que la modification de la loi fondamentale s’impose pour mettre fin aux conflits et restaurer l’intégrité territoriale de la RDC.
« Nous appuyons votre vision pour le changement de la Constitution : finir la guerre, récupérer le sol congolais et, ensuite, organiser les élections », s’est‑il adressé à Félix Tshisekedi.
« Monsieur le Président, c’est la fille aînée de l’Union sacrée qui vous parle : la province du Lualaba, sans peur, est favorable à la révision de la Constitution », a déclaré Fifi Masuka, gouverneure du Lualaba.
Ces derniers mois, la question est au cœur de l’actualité et divise la classe politique congolaise. L’Union sacrée considère que la Constitution de 2006 a montré ses limites et n’est plus adaptée aux réalités actuelles du pays.
L’opposition, en revanche, est catégorique : pas de changement de la Constitution. Selon ses caciques, une révision viserait uniquement à toucher les articles verrouillés et à prolonger le mandat de Félix Tshisekedi au‑delà de 2028, date de la fin de son deuxième et dernier mandat.
Lors d’un meeting à Lubumbashi en novembre 2024, Félix Tshisekedi s’était déjà déclaré favorable au changement de la Constitution et avait annoncé la création d’une commission sur la question.
Selon lui, la Constitution actuelle a été rédigée sur la base de réalités extérieures et ne convient pas entièrement à la RDC.
« Je confirme que l’année prochaine (2025), je mettrai en place une commission chargée de réfléchir sur la Constitution. Personne ne fera changer ma position sur la révision ou le changement de la Constitution. Je réitère mes propos tenus à Kisangani au sujet de la Constitution de notre pays », avait‑il déclaré, tout en réfutant les allégations d’une volonté d’obtenir un troisième mandat.
Mont Carmel NDEO




























































