Détenu à la prison centrale de Makala depuis le 24 octobre 2026, Mukoko Mudipanu Fils-Benoît a adressé une lettre ouverte au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Dans cette correspondance datée du 4 novembre 2026, il revient sur les circonstances de son arrestation, défend la portée patriotique de ses déclarations controversées et alerte sur les conditions de détention dans le principal établissement pénitentiaire de Kinshasa.
Dans sa lettre, l’auteur indique avoir été arrêté le jeudi 22 octobre 2026 par les services du Parquet, avant d’être transféré à la prison centrale de Makala (CPRK) deux jours plus tard. Cette arrestation serait intervenue à la suite de déclarations politiques ayant suscité de vives réactions dans l’opinion publique.
Au cœur de la controverse figurent notamment ses propos relatifs à la distribution d’armes dans les églises, les écoles et les universités. Des déclarations que Mukoko Mudipanu Fils-Benoît présente comme une expression de son engagement patriotique face à l’agression dont la République démocratique du Congo est victime dans sa partie orientale.
Il affirme que ses prises de position à l’égard de la Belgique et des puissances occidentales étaient motivées par ce qu’il considère comme un manque de réaction suffisamment ferme face à la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Il évoque également le contexte politique marqué par le retour sur la scène politique de l’ancien président Joseph Kabila Kabange.
L’auteur de la lettre rejette toute interprétation raciste ou xénophobe de ses déclarations. Selon lui, celles-ci relevaient d’une interpellation politique sur la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et la dignité du peuple congolais.
Au-delà de sa situation personnelle, Mukoko Mudipanu Fils-Benoît met l’accent sur les conditions de détention à la prison centrale de Makala, qu’il décrit comme particulièrement préoccupantes.
Selon les chiffres qu’il avance dans sa correspondance, cet établissement, initialement conçu pour accueillir environ 1 500 détenus, compterait aujourd’hui plus de 20 000 personnes incarcérées. Une surpopulation qui, selon lui, aggrave considérablement les conditions sanitaires et expose les détenus à de multiples risques pour leur santé.
Il fait notamment état de maladies infectieuses, parmi lesquelles la tuberculose et le choléra, ainsi que d’infections et de plaies liées à la précarité des conditions d’hygiène. Il évoque également plusieurs décès quotidiens et estime à plus de 5 000 le nombre de détenus vivant dans une situation de détresse particulièrement préoccupante.
Ces chiffres et constats, avancés dans sa lettre, nécessitent toutefois une vérification indépendante auprès des autorités pénitentiaires et des services sanitaires compétents.
Pour l’auteur, la prison ne devrait jamais constituer un espace où la privation de liberté se transforme en privation du droit à la vie et à la dignité humaine. Il appelle ainsi les autorités à prendre des mesures urgentes pour améliorer les conditions sanitaires et engager une réforme de la politique pénitentiaire en RDC.
Dans un autre volet de sa correspondance, Mukoko Mudipanu Fils-Benoît exprime des préoccupations quant à sa sécurité physique au sein de l’établissement pénitentiaire.
Il affirme redouter d’éventuelles atteintes à son intégrité physique, notamment des risques d’empoisonnement qu’il associe à certaines considérations politiques liées au passé du pays. Sans apporter d’éléments permettant d’établir ces craintes, il demande au chef de l’État que des dispositions particulières soient prises pour garantir sa protection durant sa détention.
Il précise ne réclamer aucun traitement de faveur, mais solliciter le respect de ses droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité.
Dans sa démarche, le détenu demande également que sa situation judiciaire fasse l’objet d’un examen diligent et impartial. Il souhaite que les autorités judiciaires compétentes puissent examiner favorablement sa demande de mise en liberté provisoire, conformément aux dispositions légales en vigueur.
À travers cette lettre ouverte, Mukoko Mudipanu Fils-Benoît entend ainsi faire de son cas personnel un point de départ pour attirer l’attention des institutions sur deux enjeux majeurs : la liberté d’expression dans le débat démocratique et le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
HERVÉ KABWATILA



























































