Une nouvelle voix tente de se frayer un chemin en dehors des sentiers battus du paysage politique de la République démocratique du Congo. Ce jeudi, la Coalition de l’Article 5 (C5) a officiellement réaffirmé son indépendance radicale vis-à-vis des blocs traditionnels. Par la voix de son coordonnateur national, Maître Caleb Banza, ce mouvement citoyen et politique refuse d’être étiqueté, se positionnant comme le porte-étendard d’une « majorité silencieuse » fatiguée des clivages habituels.
Ni Majorité, ni Opposition : le choix de la neutralité populaire
Pour la C5, la dichotomie politique qui paralyse le pays n’a plus lieu d’être. Maître Caleb Banza pose un diagnostic clair : le peuple congolais ne se reconnaît plus dans les querelles entre le pouvoir et l’opposition.
« La Coalition de l’Article 5 n’est ni de la majorité ni de l’opposition parce que le peuple congolais lui-même n’est ni de la majorité ni de l’opposition », a-t-il martelé lors de sa communication.
Cette position n’est pas une simple posture de neutralité, mais une application stricte de la Constitution. La coalition tire son nom et sa légitimité de l’article 5 de la Loi fondamentale de la RDC, qui dispose que tout pouvoir émane du peuple. C’est à ce principe, et à lui seul, que le mouvement jure fidélité.
Susciter le réveil de la jeunesse face au « virus de la dictature»
Le cœur du message de la C5 s’adresse directement à la jeunesse congolaise, qu’elle désigne comme le principal moteur de la rupture. Selon Caleb Banza, les jeunes possèdent un avantage historique majeur : ils n’ont pas été contaminés par les anciennes pratiques de gouvernance.
« La jeunesse congolaise n’a pas le virus de la dictature », soutient le coordonnateur, appelant cette nouvelle génération à prendre conscience de sa force numérique et politique pour inverser la tendance.
L’avocat a également profité de l’occasion pour déconstruire le narratif d’un peuple congolais « naïf » ou incapable de guider son propre destin, un prétexte qui, selon lui, a servi à confisquer le pouvoir pendant plus de six décennies.
« Depuis 66 ans, on disait au peuple congolais qu’il fallait décider pour lui. Ceux qui disent cela ont décidé à sa place (…) et nous voyons le résultat aujourd’hui. Le peuple congolais de 2026 n’est pas celui de 1960. Il a de la mémoire et s’inspire des erreurs du passé », a-t-il affirmé avec force.
Combattre le système des « conciliabules»
Fait notable, la Coalition de l’Article 5 refuse de personnaliser le débat politique. Le mouvement n’attaque pas les individus, mais s’en prend frontalement à un mode de fonctionnement global. L’ennemi désigné est le « système de conciliabule », ces arrangements de coulisses menés par les caciques de la politique qui relèguent le citoyen au rang de simple spectateur ou d’applaudisseur.
Pour contrer cette dynamique, la C5 plaide pour une transparence totale. Elle demande instamment aux dirigeants actuels de garantir un espace démocratique crédible et de mettre en place des mécanismes permettant à la population d’accéder à une information objective, loin des manipulations ethniques, tribales ou individualistes qui freinent le développement du pays.
Aucun compromis avec les partis traditionnels
Refusant les alliances de façade ou les partages de pouvoir, Maître Caleb Banza a conclu son intervention en fermant la porte à toute négociation avec les plateformes politiques existantes.
Le cap est fixé : la C5 s’en remettra exclusivement à la volonté populaire. « Nous ne ferons aucun compromis avec un quelconque camp politique. C’est le choix du peuple congolais qui sera le choix de la Coalition de l’Article 5, et la C5 est prête à s’incliner face à lui », a-t-il tranché.
Reste désormais à voir si ce discours axé sur la souveraineté constitutionnelle et le réveil citoyen parviendra à mobiliser massivement une population congolaise en quête de repères et de renouveau.
JAMES KABWE



























































