Le doublement des salaires des militaires et policiers en République démocratique du Congo par le gouvernement fait débat au sein de l’opinion nationale autour du financement de ce projet alors que dans l’exercice budgétaire en cours rien n’est prévu.
Une décision saluée premièrement par les bénéficiaires, ensuite par la population qui pensent que c’est une manière d’honorer les agents des services de sécurité durant cette période difficile d’agression rwandaise, d’autre part, des experts rappellent qu’une telle dépense ne peut être engagée sans crédit voté. Elle devrait, en principe, être précédée par l’adoption d’un budget révisé. Or, le projet de loi de finances rectificative, attendu en Conseil des ministres depuis le 14 mars, n’a toujours pas été adopté.
Selon les statistiques de la Banque centrale de la RDC, publiées en février, l’enveloppe salariale des FARDC s’élevait à environ 400 millions de dollars fin décembre 2024. Avec le doublement annoncé, elle pourrait atteindre près de 800 millions de dollars d’ici décembre 2025.
Pour soutenir l’effort de guerre, le gouvernement évoque une réduction du train de vie des institutions. L’ONG spécialisée en finances publiques, CREFDL, propose des pistes : elle cite notamment le budget du Sénat, passé de 52 millions de dollars en 2020 à près de 100 millions en 2025, et celui de la présidence, de 152 à plus de 300 millions sur la même période. Des coupes pourraient être envisagées dans ces institutions, et d’autres, selon l’organisation. Mais tant que le collectif budgétaire n’est pas officiellement présenté, les modalités de financement de cette mesure restent incertaines.
La rédaction