Le gouvernement congolais assure avoir intégré les préoccupations du Fonds monétaire international (FMI) concernant l’augmentation rapide de la masse salariale publique, identifiée comme un risque budgétaire majeur dans le cadre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) conclu avec la République démocratique du Congo.
Ces assurances ont été données à Kinshasa par le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Modernisation de l’administration et Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, lors d’un point de presse jeudi 21 mai 2026 consacré à la présentation du rapport La Fonction publique en chiffres.
Selon le ministre, les données contenues dans ce document reposent sur des sources officielles et des analyses techniques menées sur une période d’un an.
« Ici, c’est une étude scientifique qui a été menée pendant une année. Les données qui sont là ne sont pas des données inventées. Nous les tirons des différents rapports du FMI, des différentes sources, des calculs effectués sur SEMRAP, du ministère du Budget, des différents rapports de la Banque centrale du Congo, mais aussi des différents documents d’exécution budgétaire. Ce sont des documents vérifiables », a déclaré Jean-Pierre Lihau.
Le vice-Premier ministre a indiqué que l’exécutif entend renforcer la maîtrise des dépenses liées aux rémunérations des agents publics, conformément aux recommandations du FMI. Il a évoqué plusieurs mesures déjà engagées pour rationaliser les effectifs de l’administration publique et améliorer la gestion des ressources humaines de l’État.
Parmi ces mesures figurent la lutte contre les effectifs jugés pléthoriques, les recrutements irréguliers ainsi que la réduction des disparités salariales et des primes accordées dans différents services publics.
« Nous avons tenu compte des observations du FMI. Les efforts que nous faisons en mettant ces données à votre disposition, ainsi qu’à la disposition de la communauté administrative et de la communauté nationale, visent justement à permettre une meilleure gestion des ressources humaines de l’État. Il s’agit de combattre la pléthore, de lutter contre les recrutements fantaisistes, de réduire les disparités dans l’octroi des primes et dans la rémunération de façon générale, afin d’être dans les ratios voulus », a précisé le ministre.
Le responsable de la Fonction publique a également reconnu l’existence d’une alerte interne sur les finances publiques pour les exercices 2025 et 2026, tout en assurant que le gouvernement œuvre au maintien de la masse salariale dans les limites fixées par les autorités budgétaires.
« Il est vrai qu’une alerte a été donnée par le ministre des Finances pour 2025 et 2026, et aujourd’hui nous travaillons pour rester dans la marge voulue. Aujourd’hui, nous nous battons pour le faire redescendre davantage », a-t-il souligné.
Abordant l’audit de l’état liquidatif ordonné par le président de la République, Félix Tshisekedi, Jean-Pierre Lihau a annoncé la publication prochaine des conclusions de cette enquête destinée à identifier les causes de l’augmentation de la masse salariale malgré l’absence de nouveaux recrutements dans la Fonction publique.
« C’est dans ce cadre qu’un audit a été diligenté par le Chef de l’État Félix Tshisekedi afin de nous permettre de dénicher, malgré l’absence de recrutements dans la fonction publique, de comprendre et d’identifier les causes de l’explosion constatée, ainsi que les chiffres qui ont évolué dans le sens de l’augmentation. Je pense que bientôt vous aurez le rapport et les recommandations qui vont en découler pour nous permettre de revenir à la normalité », a-t-il affirmé.
Dans sa deuxième revue du programme au titre de la Facilité élargie de crédit, le FMI avait identifié la dynamique de la masse salariale publique comme l’un des principaux risques budgétaires en RDC.
Selon l’institution financière internationale, la hausse des rémunérations dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice exerce une pression importante sur l’exécution budgétaire, dans un contexte marqué également par l’augmentation des dépenses sécuritaires.
Le rapport du FMI souligne que cette progression résulte notamment des ajustements salariaux accordés dans certains secteurs sociaux, des régularisations administratives ainsi que de la poursuite d’engagements antérieurs pris par les autorités congolaises. L’institution note que ces dépenses ont dépassé les niveaux initialement programmés pour les exercices 2024 et 2025, réduisant ainsi les marges de manœuvre budgétaires de l’État.
HERVÉ KABWATILA




























































