Le Directeur Général sortant de la Société Minière des Kilomoto (SOKIMO SA), Pistis Bonongo Tokoli a comparu ce mercredi 25 février, devant la Chambre de discipline budgétaire et financière de la Cour des Comptes. Cette comparution fait suite aux accusations portant sur le défaut de transmission des comptes annuels des exercices 2022 et 2023.
Le parquet accuse Pistis Bonongo de ne pas avoir respecté les délais légaux pour transmettre les états financiers à la Cour des Comptes.
Selon le ministère public, les comptes pour l’exercice 2022 ont été adoptés par l’Assemblée générale de cette société du Portefeuille national le 26 juillet 2023, mais n’ont été déposés que le 7 avril 2025, soit bien au-delà du délai imparti de trois mois.
Quant aux états financiers de 2023, adoptés le 28 juin 2024, ils ont connu le même sort.
« Les états financiers des exercices 2022 ont été adoptés le 26 juillet 2023 par l’Assemblée Générale, mais déposés à la Cour des Comptes le 7 avril 2025 tandis que ceux de l’exercice 2023 ont été adoptés le 28 juin 2024 et déposés à la Cour des Comptes à la même date du 7 avril 2025, c’est-à-dire que les états financiers des deux exercices précités ont été déposés à la Cour des Comptes au-delà de trois mois de leur adoption par l’Assemblée Générale, comme le prescrit l’article 30 de la loi organique sur la Cour des Comptes », a déclaré le parquet.
En défense, Pistis Bonongo, DG au même des faits, a affirmé avoir hérité d’une entreprise où les états financiers des précédents exercices n’étaient pas publiés.
« Avant mon avènement à la tête de la SOKIMO, les états financiers n’étaient pas réalisés. C’est pendant mon mandat que nous avons régularisé les trois autres exercices parce que j’avais organisé une réunion avec les commissaires aux comptes pour constater la non-élaboration des états financiers. Je peux confirmer que c’est pendant mon avènement à la tête de la société que nous avons repris l’élaboration des états financiers, ce qui n’existait pas avant mon arrivée », a-t-il affirmé.
De plus, il a indiqué que les états aient été adoptés par l’Assemblée générale avant d’être transmis aux organismes concernés notamment la tutelle, le conseil supérieur du portefeuille, le ministère de l’Economie, mais il a reconnu que la loi exigeait leur soumission dans un délai précis.
Cependant, il a affirmé ignorer que les états financiers devraient également être soumis à la Cour des Comptes.
« Je savais que la Cour des Comptes avait le pouvoir de contrôler la société qui est à ma gestion, la SOKIMO. Je savais que la Cour des comptes a ce pouvoir de contrôle, mais je ne savais pas que la Cour des Comptes pouvait contrôler jusqu’aux états financiers », a-t-il expliqué.
« Aussitôt informés de cette disposition légale, nous les avons déposés. Quand bien même nous les avons déposés en retard mais pour l’exercice 2024, nous l’avons déposé aussitôt arrêté. Nous avons attendu les trois mois pour nous conformer à cette disposition », a ajouté l’ancien patron de la SOKIMO.
En outre, il a mis en exergue la problématique de l’insécurité dans la province de l’Ituri où se situe le siège de SOKIMO. A l’en croire, cette situation avait affecté la transmission des documents financiers.
« Le siège de la SOKIMO se trouve dans la ville de Bunia, province de l’Ituri actuellement placé sous état de siège et est administrée par les militaires en raison de l’insécurité. Cela n’a pas empêché la société de fonctionner mais ça démontre tout simplement l’insécurité qui sévit dans cette partie du pays. Particulièrement la SOKIMO est parmi les affectés », a-t-il insisté.
L’instruction a été renvoyée au mercredi 04 mars prochain.
Nommé Directeur général par ordonnance présidentielle du 30 août 2022 avec pour mission de redresser la SOKIMO, Pistis Bonongo vient d’être remplacé par Yannick Mulundu Nzonde.
Mont Carmel NDEO































































