Le gouvernement congolais poursuit sa stratégie de réconciliation et de désarmement dans la région instable, depuis plus de trois ans. Six cents miliciens du groupe armé Mobondo, ayant choisi de déposer les armes dans le Grand Bandundu au cours des deux derniers mois, ont été transférés au centre du Service national de Kaniama Kasese dans la province du Grand Bandundu afin de suivre un programme de formation professionnelle visant à faciliter leur réinsertion dans la vie civile.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale combinant négociation, pacification et action militaire, selon les explications fournies lundi 23 février 2026 par Eliezer Ntambwe Mposhi, ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants.
Le ministre a détaillé le processus lors d’une déclaration officielle, précisant que ces combattants s’étaient rendus de manière volontaire entre janvier et février 2026. « Ces hommes ont fait le choix courageux de tourner la page de la violence. Notre responsabilité est de leur offrir une alternative crédible et durable », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de cette phase de transition pour la stabilité à long terme de la région.
Selon les informations communiquées, les six cents miliciens transférés à Kaniama Kasese bénéficieront d’une formation aux métiers dans plusieurs domaines professionnels. Cette étape est considérée comme indispensable avant d’envisager toute forme d’intégration, que ce soit dans la vie civile ou, pour certains, au sein des forces armées congolaises.
Le ministre a également révélé que deux cents autres miliciens se trouvent actuellement à Kinshasa et devraient rejoindre le centre de formation dans les prochains jours. Ces effectifs supplémentaires porteront à huit cents le nombre de combattants du groupe Mobondo engagés dans ce processus de démobilisation et de réinsertion.
Une question importante concerne le devenir de ces anciens miliciens après leur formation. Eliezer Ntambwe Mposhi a indiqué que certains d’entre eux avaient exprimé leur désir de rejoindre les rangs de l’armée nationale. Toutefois, a-t-il précisé, ces candidats au service militaire devront impérativement suivre l’intégralité du programme de formation au Service national avant de pouvoir être pris en considération pour une intégration éventuelle au sein des forces de défense. Cette exigence vise à garantir que tous les anciens combattants bénéficient d’une préparation commune, indépendamment de leur choix de carrière subséquent.
Le membre du gouvernement a tenu à contextualiser cette opération dans le cadre plus large de la stratégie adoptée par les autorités congolaises pour restaurer la paix dans le Grand Bandundu. Cette approche repose, selon ses propres termes, sur trois piliers complémentaires : la négociation, la pacification et l’action militaire.
« La reddition de ces miliciens n’est pas un accident, mais le résultat d’une politique cohérente », a souligné le ministre. Il a rappelé que les forces de sécurité congolaises ont mené des opérations ciblées contre les éléments réfractaires au dialogue, tout en maintenant les canaux de communication ouverts avec les chefs de guerre disposés à négocier.
Eliezer Ntambwe Mposhi a également choisi de revenir sur les origines des violences qui ont endeuillé la région du Grand Bandundu. Selon son analyse, les conflits ayant opposé différentes communautés locales relevaient principalement d’« incompréhensions » entre populations appelées à renouer la cohabitation pacifique. Cette lecture des événements suggère que les roots profondes du conflit sont davantage liées à des tensions intercommunautaires mal gérées qu’à des motivations idéologiques ou séparatistes.
Le ministre a d’ailleurs laissé entendre que des contacts étaient en cours avec d’autres mouvements de ce type, sans toutefois fournir de détails précis sur l’identité de ces interlocuteurs ni sur l’état d’avancement des négociations.
Le retour à une cohabitation pacifique entre communautés dans le Grand Bandundu reste cependant un défi majeur. Au-delà de la réinsertion des anciens miliciens, les autorités devront accompagner un processus de réconciliation plus profond, incluant le renforcement des institutions locales, la justice pour les victimes et la reconstruction du tissu social dégradé par des années de violence.
HERVE KABWATILA































































