Le gouvernement rwandais a réagi aux sanctions américaines imposées à quatre officiers de son armée (RDF) pour leur implication directe dans la guerre à l’est de la RDVC, en violation de l’Accord de paix de Washington signé par Kinshasa et Kigali.
Dans sa déclaration, Kigali qualifie ces sanctions d’« injustes et unilatérales ».
« Les sanctions émises par les États-Unis ciblant injustement une seule partie au processus de paix déforment la réalité et déforment les faits du conflit dans l’est de la RDC », a déclaré la porte-parole du gouvernement rwandais.
Le Rwanda accuse également la RDC d’être complice de divers groupes armés, y compris la milice FDLR et d’autres milices ethniques.
« Les attaques de drones et les offensives terrestres cohérentes et aveugles constituent des violations flagrantes des accords de cessez-le-feu de la RDC et continuent de coûter de nombreuses vies », précise la même source, ajoutant que la RDC s’est engagée, dans les accords de Washington, à mettre un terme au soutien au FDLR mais n’a pris aucune mesure pour le faire.
Pressé par l’administration Trump, qui avait parrainé cet accord, le Rwanda s’est dit prêt à désengager ses forces, à condition que la RDC honore ses engagements.
« Le Rwanda reste déterminé à respecter tous les aspects des accords de Washington, y compris le cadre régional d’intégration économique », conclut le communiqué.
Cette volte-face intervient près d’un mois après que le président rwandais, Paul Kagame, a affirmé ne pas se soucier des sanctions américaines.
« Au lieu d’être étouffé par toutes ces menaces, je préfère être étouffé par mon attitude de défi et je vais leur dire d’aller au diable. Vous ne pouvez pas me créer des problèmes puis commencer à me menacer », a-t-il dénoncé, faisant allusion aux pressions constantes de la communauté internationale contre le Rwanda.
Dernièrement, le chef de l’État rwandais a mené des efforts de lobbying pour obtenir l’annulation de ces sanctions, qui étaient en préparation. Cependant, ces initiatives se sont avérées infructueuses, et les sanctions ont été finalement annoncées dans la soirée du lundi 2 mars 2026.
Les États-Unis affirment que l’armée rwandaise a fourni un soutien opérationnel direct au M23 et à ses affiliés. Les forces de défense du Rwanda ont introduit des équipements militaires avancés sur le champ de bataille, y compris des systèmes de brouillage GPS, des équipements de défense aérienne, des drones et d’autres matériels.
Les responsables militaires rwandais sanctionnés comprennent :
- Vincent Nyakarundi : Chef d’état-major des RDF, commandant des forces terrestres ayant mené des opérations en soutien au M23.
- Ruki Karusisi : Général de division d’infanterie, ancien commandant des opérations spéciales supervisant les opérations militaires en soutien au M23.
- Mubarakh Muganga: Chef d’état-major de la défense du RDF, ayant joué un rôle clé dans la planification des opérations en RDC.
- Stanislas Gashugi: Commandant des forces d’opérations spéciales du RDF, nommé le 15 mars 2025.
En plus des sanctions, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a averti que le Trésor utiliserait tous les moyens à sa disposition pour s’assurer que les parties aux accords de Washington respectent leurs obligations.
« Nous attendons le retrait immédiat des troupes, des armes et de l’équipement des Forces de défense du Rwanda », a-t-il martelé.
Mont Carmel NDEO



























































