La zone de santé de Ruzizi en territoire d’Uvira au Sud-kivu à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est frappée par une épidémie de choléra. Dans l’espace de moins d’une semaine, 277 cas ont été enregistrés entre le 15 et le 20 Décembre 2025. Les personnes déplacées, figurent parmi les plus touchées.
Des sources de l’hôpital général de référence de Ruzizi parle de 533 cas dont 6 décès depuis le début de Décembre dernier jusqu’au Lundi 05 janvier 2026.
Face à cette progression rapide, Kishingo Limbe, secrétaire de la Société Civile Forces vives en territoire d’Uvira, appelle à une mobilisation immédiate et renforcée des acteurs humanitaires et des partenaires internationaux pour contenir la propagation de la maladie.
« L’épidémie de choléra, constitue déjà une urgence dans la zone de santé de Ruzizi. C’est pourquoi, nous exhortons dans l’urgence les organisations humanitaires qui interviennent dans le secteur de la santé de venir en appui à la zone de santé de Ruzizi avec les intrants médicaux et d’autres dispositifs sanitaires. Nous demandons, l’installation des toilettes publiques, de lieux de lavage des mains ainsi que l’augmentation de sites de chloration d’eau » a indiqué Kishingo Limbe, secrétaire de la Société civile forces vives.
Avant la fin de l’année 2025, des cas de choléra, ont été signalés dans différentes structures médicales de la zone de santé de Ruzizi.
Vu la gravité de cette épidémie, le Docteur Éric Cishibanji, responsable médical, nutritionnel et psychosocial de l’AFPDE, affirme que cette organisation s’est positionnée dans la prise en charge de certaines activités dans le cadre de riposte contre le choléra dans la zone de santé de Ruzizi.
Pour ce qui est du pilier PCI Wash, c’est-à-dire la Prévention et Contrôle des Infections et wash, l’AFPDE s’est positionnée dans la chloration en appuyant 12 chlorateurs par le fait que la population de cette zone de santé ne puise de l’eau que dans la rivière Shange.
« Nous appuyons la désinfection en collaboration avec la zone de santé de Ruzizi. C’est-à-dire, il y a une équipe de la zone de santé, quand il y a des cas de choléra déclarés dans l’aire de santé, elle procède à la désinfection des différentes maisons aux alentours des maisons du cas déclaré pour limiter la chaîne de contamination de cette épidémie. » a affirmé le Docteur Éric Cishibanji.
Et de poursuivre :« nous avons aussi approvisionné des médicaments pour la prise en charge des personnes déclarées malades dans le Centre de Traitement de Choléra de Ruzizi se trouvant dans l’enceinte de l’Hôpital Général de Référence de Ruzizi. Nous appuyons aussi les hygiénistes dans 7 aires de santé» a ajoute-t-il.
S’agissant de la communication de risque, le Docteur Éric Cishibanji, fait savoir que l’AFPDE mène des activités de sensibilisation avec les relais communautaires avec lesquels elle travaille.
De leur côté, la population de la localité de Ndunda dans la plaine de la Ruzizi pense que l’environnement dans lequel, elle vit serait à la base de la propagation de l’épidémie de choléra dans leur région.
« Nous souffrons de l’épidémie de choléra car, l’eau que nous buvons est impropre à la santé. Dès lors que les déplacés de guerre sont arrivés dans cette localité, aucune organisation ne nous a même apporté de l’eau du robinet dans notre entité.
Jusqu’à présent, nous n’avons aucune goûte d’eau de robinet à Ndunda et si un malade se dirige dans une structure de santé de la place, il n’y a pas de médicaments. On le place par terre et c’est par là qu’on l’injecte un seul sérum en attendant que sa famille l’achemine à Sange pour des soins appropriés.
Les gens meurent en masse dans la localité de Ndunda faute de la consommation d’une eau impropre à la santé. Nous souffrons comme des gens qui vivent dans des camps de réfugiés alors que nous sommes chez nous. Les structures de santé sont tellement sales et c’est pourquoi, il y a propagation de cas de choléra dans la localité de Ndunda. Les malades internés pour le soin, se lavent et font caca sur les herbes alors que c’est à quelques mètres du centre de traitement. » fustige Faida Mapendano, âgée de 46 ans et mère de 7 enfants.
À en croire Bahati Shebyage, âgé de 62 ans, l’épidémie de choléra menace les habitants de Ndunda parce qu’ils font face au manque d’eau potable.
« L’eau est sale. Nous le buvons étant sale car, nous n’avons pas une autre à boire. Même celle dans laquelle, on met des médicaments, nous n’en avons pas. Étant donné que nous vivons presque dans la brousse, il n’y a pas suffisamment de toilettes et les gens ne font que faire leur grand besoin dans cette même brousse.
Face à la propagation rapide de la maladie, aggravée par la consommation d’eau non traitée et des conditions d’hygiène précaire, les habitants de la localité de Ndunda appellent à une mobilisation massive des acteurs humanitaires et des autorités pour répondre efficacement à la crise. Ils soulignent la nécessité urgente de construire des infrastructures sanitaires adéquates, telles que des latrines et des douches, et d’assurer un approvisionnement régulier en eau potable.































































