C’est par ordonnance présidentielle que Yannick MULUNDU NZONDE a été nommé Directeur général de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO), l’une des plus anciennes entreprises minières de la République démocratique du Congo. Âgé de 38 ans, l’entrepreneur congolais fait son entrée dans le cercle stratégique des dirigeants du secteur extractif, avec la lourde tâche de redynamiser une société au potentiel considérable.
Créée à l’époque coloniale et détentrice d’importants gisements aurifères, la SOKIMO occupe une place singulière dans l’histoire économique du pays. Spécialisée dans l’exploration et l’exploitation de l’or et du diamant, l’entreprise publique a connu ces dernières années des difficultés opérationnelles et financières, sur fond de défis sécuritaires dans l’est de la RDC.
La nomination de Yannick MULUNDU NZONDE intervient dans un contexte où les autorités congolaises affichent leur volonté de moderniser la gouvernance des entreprises publiques et d’attirer davantage d’investissements dans le secteur minier. Elle marque aussi l’arrivée d’un profil issu du secteur privé à la tête d’un acteur stratégique.
Voici son parcours et son expérience entrepreneuriale
Né à Lubumbashi, dans le sud-est de la RDC, Yannick MULUNDU NZONDE évoque une enfance marquée par la discipline et l’effort. Il raconte notamment les longues distances parcourues à pied pour rejoindre l’école, une expérience qu’il présente comme fondatrice de sa détermination.
À 15 ans, il s’installe avec sa famille au Cap, en Afrique du Sud. Il y poursuit ses études universitaires avec l’ambition initiale de devenir « investment banker ». « Quand j’ai étudié, franchement, dans ma tête, c’était pour devenir un investment banker », confie-t-il.
Mais le projet évolue. « Quand j’ai découvert mon potentiel, j’ai abandonné mon premier plan et je me suis lancé dans l’entrepreneuriat à 100 %. Ce qui m’a poussé dans l’entrepreneuriat, c’était l’argent », admet-il.
Il fonde par la suite Mulundanu Investments & Holdings (MIH), un groupe positionné dans le conseil stratégique et l’accompagnement d’investisseurs internationaux souhaitant se déployer en Afrique, notamment en RDC. L’entreprise revendique également un rôle de coaching auprès de comités de gestion d’entreprises locales.
Avec le temps, assure-t-il, sa vision évolue vers une logique d’impact. « C’est bien d’être riche, mais c’est encore meilleur d’avoir un impact sur la vie des gens », affirme-t-il, mettant en avant une ambition de structuration et de professionnalisation des organisations qu’il accompagne.
L’an dernier, son groupe aurait enregistré 50 millions de dollars de profits, selon ses déclarations. Un chiffre avancé par l’intéressé lui-même, qui souligne par ailleurs la discrétion stratégique entourant ses performances financières.
À la tête de la SOKIMO, Yannick MULUNDU NZONDE change d’échelle. Il ne s’agit plus seulement d’attirer des capitaux ou de conseiller des dirigeants, mais de piloter une entreprise publique confrontée à des enjeux complexes : gouvernance, sécurisation des sites, modernisation des infrastructures, partenariats industriels et retombées pour les communautés locales.
Dans un secteur souvent perçu comme conservateur, son profil incarne un renouvellement générationnel. Reste à savoir si l’énergie entrepreneuriale et le réseau international qu’il met en avant pourront se traduire en résultats concrets pour la SOKIMO.
Entre ambitions panafricaines et impératifs de performance publique, Yannick MULUNDU NZONDE entame ainsi un nouveau chapitre de son parcours. Un défi à la mesure des attentes placées en lui, dans un secteur clé pour l’économie congolaise.
HERVE KABWATILA






























































