L’opposant politique congolais Martin Fayulu a fermement condamné l’arrestation nocturne d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et figure du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la qualifiant d’atteinte grave aux droits humains et aux libertés constitutionnelles en République démocratique du Congo (RDC).
Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), le leader de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) a rappelé les principes fondamentaux de l’État de droit. « La liberté individuelle est un pilier essentiel de notre démocratie, et toute arrestation doit respecter strictement les procédures légales », a-t-il écrit. Fayulu a insisté sur les droits inaliénables de toute personne interpellée : être informée des charges retenues contre elle, pouvoir contacter un avocat et bénéficier du délai légal de 48 heures pour la garde à vue, tel que prévu par la législation congolaise.
« Le principe est clair : la liberté est la règle, la détention l’exception », a-t-il souligné, dénonçant ce qu’il décrit comme des « pratiques arbitraires incompatibles avec les valeurs démocratiques et l’État de droit ». Selon Fayulu, de telles actions risquent de saper la confiance des citoyens dans les institutions et de fragiliser la cohésion nationale.
Aubin Minaku, a été arrêté dans la nuit du 18 janvier à Kinshasa, selon des sources proches du dossier. Ancien président de l’Assemblée nationale et Vice Président du parti politique PPRD, parti fondé par Joseph Kabila, il est connu pour son rôle influent dans la vie politique congolaise. À ce jour, les autorités n’ont pas officiellement communiqué sur les motifs de cette arrestation, ni sur le lieu exact de sa détention. Des rumeurs circulent sur des accusations liées à des affaires de corruption ou de détournement de fonds publics, mais aucune confirmation n’a été apportée par les services judiciaires.
Cette interpellation intervient dans un climat politique tendu en RDC, marqué par des tensions entre l’opposition et le pouvoir en place, dirigé par le président Félix Tshisekedi.
Martin Fayulu, qui a lui-même été candidat à la présidentielle de 2018 et 2023 appelle à un respect scrupuleux de la Constitution congolaise. « Seule une justice équitable et transparente peut garantir la crédibilité des institutions et renforcer l’unité nationale », a-t-il conclu dans son message. Il exhorte les autorités à fournir des explications claires et à assurer un procès équitable si des charges sont retenues.
Des réactions mitigées ont émergé au sein de la classe politique depuis l’arrestation de certains opposants notamment Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et tant d’autres. Cependant certains , des proches de ces acteurs politiques estiment que l’arrestation pourrait être liée à des enquêtes légitimes sur la situation sécuritaire dans la partie Est de la République démocratique du Congo ou la rébellion impliquant le M23-AFC soutenu par le Rwanda bat son plein depuis des décennies.
Cette affaire soulève des questions sur l’indépendance de la justice en RDC, un pays où les droits fondamentaux sont régulièrement remis en cause.
HERVÉ KABWATILA































































