Le lieutenant-général Philémon Yav, ancien commandant de la 3ᵉ Zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a une nouvelle fois rejeté, mercredi 28 janvier 2026, les accusations portées contre lui par l’auditeur général près la Haute Cour militaire. Il affirme n’avoir jamais reçu ni relayé un message contenant un plan visant à déstabiliser le pays, attribué à l’entourage du général rwandais James Kabarebe.
Comparu devant la juridiction militaire en confrontation avec l’ancien porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, Philémon Yav a longuement défendu sa version des faits. Il a rappelé être détenu depuis près de quatre ans pour avoir, selon l’accusation, transmis un message suspect au général Peter Cirimwami, alors commandant sur le terrain dans l’Est du pays. « Je suis en prison depuis presque quatre ans maintenant pour avoir montré à Peter Cirimwami un message attribué à James Kabarebe. Je n’ai jamais vu de plan contre le pays », a-t-il déclaré à la barre.
Un message « anonyme » reçu en pleine réunion
L’ancien commandant de la 3ᵉ Zone de défense, qui couvrait les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et de la Tshopo, a expliqué que le message incriminé lui serait parvenu alors qu’il participait à une réunion officielle de coordination sécuritaire à laquelle prenaient part plusieurs officiers supérieurs, notamment les généraux Dani et Mayala, tous deux conseillers militaires.
Selon lui, le message était signé « Sankoko », mais provenait d’un numéro non enregistré, sans identité claire. « C’était un message anonyme, avec l’indicatif 243. Je ne connais pas cette personne, je n’ai jamais été en contact avec eux. Je l’ai vu une seule fois, au Mojaweto », a insisté Philémon Yav. Il affirme avoir simplement partagé l’existence de ce message avec le général Peter Cirimwami, sans en confirmer ni le contenu ni l’authenticité.
Poursuivant son témoignage, Philémon Yav a indiqué que Peter Cirimwami lui aurait également confié avoir reçu, de son côté, des messages faisant état de menaces émanant de ressortissants rwandais. « Il m’a dit que les Rwandais allaient commencer à nous éliminer un par un et m’a conseillé de ne plus emprunter la route vers Goma, mais d’y aller désormais par hélicoptère », a-t-il relaté.
Pour l’accusé, ces échanges relevaient uniquement d’alertes sécuritaires dans un contexte de guerre psychologique, et non d’une quelconque connivence avec des forces étrangères ou des groupes armés hostiles à la RDC.
« On veut me forcer à dire des choses«
Face aux juges, le lieutenant-général Yav a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de lui faire endosser un rôle qu’il n’a jamais joué. « Même si je prenais l’hypothèse que le ministère public est en train de me forcer à dire des choses, on veut me faire reconnaître une connivence avec une puissance étrangère. Ce n’est pas la vérité », a-t-il martelé.
Le procès se poursuit devant la Haute Cour militaire, qui devra déterminer si les faits reprochés au général Philémon Yav constituent une atteinte à la sûreté de l’État ou s’ils relèvent d’une mauvaise interprétation d’échanges dans un contexte sécuritaire tendu à l’Est du pays.
HERVÉ KABWATILA































































