Un Boeing appartenant à Jean-Pierre Bemba, actuel Vice-Premier ministre et ministre des Transports et Voies de communication en République démocratique du Congo (RDC), est menacé de confiscation au Portugal. Cette situation met en lumière un contraste frappant entre la crise de la flotte nationale et la gestion du patrimoine privé du patron de transports en RDC.
Ce début du mois de mars 2026, le gestionnaire de l’aéroport de Faro, ANA Aeroportos de Portugal, a officiellement notifié à Jean-Pierre Bemba, qu’il disposait de 60 jours pour évacuer son avion.
Il s’agit d’un Boeing 727-100 (immatriculé 9Q-CBP), construit en 1965 et immobilisé sur le tarmac portugais depuis environ 19 ans et dont les frais de stationnement impayés s’élèvent à près d’un million d’euros.
Passé le délai de 60 jours, l’avion sera considéré comme abandonné et pourra être confisqué ou mis à la casse par les autorités portugaises.
Cette affaire fait écho à de précédents litiges juridiques entre Bemba et la Régie des Voies Aériennes (RVA) concernant d’autres aéronefs immobilisés ou saisis par le passé.
Parallèlement, en tant que ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba gère le dossier complexe de la compagnie nationale Congo Airways, qui lutte pour stabiliser ses opérations. Bien qu’un plan de renouvellement de la flotte sur 5 ans ait été adopté (visant l’achat ou le leasing de 3 Airbus A320), la mise en œuvre a été freinée par des tensions de financement, notamment avec la CNSS.
La compagnie a récemment repris ses activités grâce à des appareils acquis en leasing (location avec équipage et maintenance) plutôt que par des achats directs en propre.
L’attention du ministère semble également portée sur le lancement d’Air Congo (nouvelle compagnie en partenariat avec Ethiopian Airlines), dont les premiers vols régionaux vers Johannesburg et Entebbe sont prévus pour ce 22 mars 2026.
L’ironie de la situation, largement commentée dans l’opinion publique congolaise, réside dans le fait que le ministre chargé de redresser l’aviation civile nationale voit son propre avion menacé de saisie pour abandon prolongé à l’étranger.
JAMES KABWE


























































