Dans un contexte politique marqué par de vives tensions autour de la question du changement constitutionnel en République démocratique du Congo, les responsables des églises de réveil sont sortis de leur réserve pour faire entendre leur voix. Réunis lors d’une rencontre exceptionnelle à Kinshasa ce vendredi 01 mai 2026, plusieurs leaders religieux ont exprimé leurs préoccupations face à une situation qu’ils jugent préoccupante pour l’avenir du pays.
Au cœur des échanges : la réforme de la Constitution, un sujet qui divise profondément l’opinion publique et la classe politique. Longtemps prudents sur les questions directement liées à la gouvernance, les hommes de Dieu présents ont cette fois adopté un ton plus engagé, appelant à un débat national sincère et inclusif.
Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Léopold Mutombo Kalombo, leader du Ministère Amen situé dans la commune de Limete. Prenant la parole devant une assemblée attentive, l’apôtre a clairement affiché sa position en faveur d’une refonte totale de la loi fondamentale.
« Nous voulons le changement de la Constitution. Ayons le courage de faire table rase « , a-t-il déclaré avec fermeté, suscitant à la fois approbation et interrogations au sein de l’auditoire.
« C’est pour nous à la fois un honneur de prendre la parole ici, parler dans le cadre justement de ce grand sujet des révisions aux changements. Je pense que dans toute l’histoire des nations, toutes les constitutions ont été à un certain moment revues ou retouchées ou carrément mises de côté. Ceux qui connaissent, qui lisent un peu l’histoire des grandes nations, quelles qu’elles soient ici en Afrique. » A dit
Apôtre Léopold Mutombo.
Et d’ajouter :
« Je pense que tous les problèmes, pour un analyste objectif, peut comprendre que tous les problèmes qu’a connu cette nation, surtout au cours de ces dernières décennies, ont été favorisés, malheureusement, par cette constitution que beaucoup ne connaissent pas encore, à la plus grande partie de la population. Ayons le courage de faire table rase et que tout le monde ait les yeux regardant sur les choses et sur les choix qu’il ferait de la constitution. Nous sommes partants, nous voulons que la constitution, non seulement qu’elle soit revue, parce qu’on ne connaît pas tout le contenu, les citoyens lambda n’ont jamais lu cette constitution-là. » A déclaré Apôtre Léopold Mutombo.
Et de poursuivre :
« Parfois on lui parle des articles, mais il n’en connaît pas l’entièreté. Je pense que la chose qui va permettre à tout le monde de comprendre, c’est que c’est qu’une constitution d’une nation doit être vue, encouragée par tout le monde. Nous, nous sommes favorables au changement, pas à la révision. »
Pour ce dernier, la Constitution actuelle serait à l’origine de nombreux dysfonctionnements institutionnels et sociaux. Il estime qu’une nouvelle base juridique permettrait de refonder l’État congolais sur des principes plus adaptés aux réalités du pays.
D’autres responsables religieux ont, quant à eux, appelé à la prudence. Tout en reconnaissant les imperfections du texte actuel, ils ont insisté sur la nécessité d’éviter toute précipitation susceptible d’aggraver les tensions politiques et sociales déjà palpables.
Cette prise de position collective marque un tournant dans l’implication des églises de réveil dans le débat public. Elle reflète également l’importance croissante du rôle des acteurs religieux dans les grandes orientations nationales, dans un pays où la foi occupe une place centrale dans la vie sociale.
Alors que le débat sur la réforme constitutionnelle continue de s’intensifier, l’intervention des leaders religieux pourrait peser dans l’opinion et influencer les prochaines étapes du processus. Reste à savoir si cet appel à « faire table rase » trouvera un écho favorable auprès des institutions et de la population congolaise.
HERVÉ KABWATILA






























































