Le débat autour de la réforme de la Constitution continue de susciter des réactions divergentes au sein des confessions religieuses en République démocratique du Congo (RDC). Alors que certains responsables religieux soutiennent l’idée d’un changement de la Loi fondamentale, d’autres appellent à la prudence et au respect des mécanismes constitutionnels en vigueur.
Réuni en session extraordinaire à Kinshasa du 4 au 7 juin 2026, le Comité exécutif national de l’Église du Christ au Congo (ECC), dirigé par le pasteur André-Gédéon Bokundoa, a exprimé sa position sur la question de la réforme constitutionnelle, devenue l’un des principaux sujets de débat politique dans le pays.
Dans une déclaration rendue publique dimanche, l’ECC a estimé que « toute initiative de réforme constitutionnelle dans le contexte actuel doit impérativement répondre à l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé », en référence aux dispositions des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.
Selon l’organisation protestante, toute démarche visant à modifier la Constitution devrait privilégier le dialogue, le consensus national et le respect strict des procédures prévues par la Loi fondamentale afin de préserver la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle.
Les responsables de l’ECC rappellent notamment que l’article 218 définit les acteurs habilités à initier une révision constitutionnelle, tandis que l’article 219 interdit toute révision en période de guerre, d’état d’urgence ou de siège.
Quant à l’article 220, il protège certaines dispositions considérées comme intangibles, notamment la forme républicaine de l’État, le suffrage universel, le pluralisme politique ainsi que le nombre et la durée des mandats du Président de la République.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une intensification des discussions autour d’un éventuel changement de la Constitution.
Plusieurs acteurs politiques, membres de la majorité présidentielle et certaines confessions religieuses se sont récemment prononcés en faveur d’une réforme, estimant qu’elle permettrait d’adapter les institutions aux réalités actuelles du pays.
À l’inverse, d’autres organisations religieuses et acteurs de la société civile expriment des réserves, craignant que le processus n’accentue les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires dans l’Est du pays et des débats sur la gouvernance démocratique.
En réaffirmant son attachement au respect des dispositions constitutionnelles, l’ECC plaide pour une approche fondée sur le dialogue national, la participation de toutes les composantes de la société et la préservation de l’unité nationale, afin que toute éventuelle réforme soit menée dans un climat de confiance et de sérénité.
HERVÉ KABWATILA





























































