Le débat sur la réforme de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter la scène politique nationale. Dans ce contexte marqué par des discussions parfois vives autour de l’avenir des institutions du pays, le regroupement politique Alliance Bloc 50 (AB50) a officiellement déposé, jeudi 11 juin 2026 à Kinshasa, ses propositions de réformes constitutionnelles au Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation, la majorité présidentielle.
Porté par son autorité morale, Julien Paluku Kahongya, également ministre du Commerce extérieur, le document propose une refonte substantielle de l’organisation institutionnelle du pays avec pour objectif affiché de favoriser une gouvernance plus efficace, orientée vers les résultats et le développement. Selon M. Paluku, les réformes envisagées reposent sur cinq innovations majeures.
La première concerne la restructuration de l’architecture de l’État autour de trois niveaux de pouvoir : le niveau national, le niveau provincial et le niveau territorial. Cette approche vise à renforcer la proximité entre les institutions et les citoyens tout en améliorant la gestion des affaires publiques.
La deuxième innovation propose d’ériger la planification au rang de domaine législatif, afin de garantir une meilleure cohérence des politiques publiques et une vision à long terme du développement national.
Le troisième axe porte sur l’élection des gouverneurs de province au suffrage universel direct. Pour les promoteurs de cette réforme, cette mesure permettrait de renforcer la légitimité démocratique des exécutifs provinciaux et de consolider la redevabilité des dirigeants locaux envers les populations.
L’AB50 préconise également une décentralisation financière plus poussée. La quatrième proposition vise à instaurer des mécanismes plus souples et plus efficaces de répartition des ressources publiques au bénéfice des provinces, dans le but d’accélérer le développement local et de réduire les disparités territoriales.
Enfin, la cinquième innovation concerne le secteur judiciaire. Le regroupement politique suggère la création de chambres d’appel au sein de la Cour constitutionnelle afin d’éviter que certaines décisions soient rendues en premier et dernier ressort, une mesure présentée comme un renforcement des garanties procédurales et des droits des justiciables.
« L’Alliance Bloc 50 propose plusieurs innovations majeures (…) afin de promouvoir une gouvernance davantage axée sur les résultats et le développement », a déclaré Julien Paluku Kahongya à l’issue du dépôt des propositions.
Cette initiative intervient dans un climat politique marqué par des débats récurrents sur l’opportunité d’une révision ou d’un changement de la Constitution de 2006. Si les partisans de la réforme estiment qu’une adaptation des institutions est nécessaire pour répondre aux défis actuels du pays, plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile appellent à la prudence, soulignant l’importance du consensus national dans toute démarche touchant à la loi fondamentale.
Le dépôt des propositions de l’Alliance Bloc 50 ouvre ainsi une nouvelle étape dans les consultations engagées au sein de l’Union sacrée de la Nation sur l’avenir institutionnel de la RDC.
HERVÉ KABWATILA




























































