Cinq semaines après la déclaration de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux enregistrent des avancées significatives dans la prise en charge des malades. Toutefois, la propagation du virus demeure préoccupante, alors que le nombre de cas continue d’augmenter et que l’épidémie a désormais franchi les frontières du pays.
Lors d’un point de situation présenté mercredi, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dressé un bilan contrasté de la situation. Selon lui, la réponse sanitaire s’est considérablement renforcée au cours des dernières semaines, mais elle reste confrontée à des défis majeurs qui limitent son efficacité.
Les capacités d’hospitalisation ont connu une forte progression, passant de moins de dix lits au début de la flambée à plus de 500 lits répartis dans 19 centres de santé. Les infrastructures de dépistage ont également été renforcées, permettant désormais la réalisation de près de 2 000 tests par jour grâce à neuf laboratoires opérationnels dans trois provinces affectées.
Par ailleurs, plus de cent patients ont été déclarés guéris. Ces résultats démontrent l’importance d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge rapide pour améliorer les chances de survie des personnes infectées.
Dans le domaine de la recherche médicale, un essai clinique portant sur deux antiviraux, le MBP134 et le Remdesivir, doit débuter la semaine prochaine en RDC. Cette étude sera menée par un consortium réunissant notamment l’Institut national de recherche biomédicale, l’ALIMA, l’Université d’Oxford et l’Organisation mondiale de la santé. Les chercheurs espèrent que ces traitements permettront de réduire la mortalité liée à la maladie.
Malgré ces avancées, l’épidémie poursuit sa progression. Le dernier bilan fait état de 1 094 cas confirmés et de 277 décès en RDC. L’extension régionale de la maladie suscite également des inquiétudes. L’Ouganda a déjà enregistré 20 cas confirmés et deux décès associés à la flambée congolaise.
La situation a pris une dimension internationale avec la confirmation, mercredi, du premier cas en France. Il s’agit d’un médecin humanitaire de l’ONG ALIMA revenu récemment d’une mission en RDC. Selon les autorités sanitaires françaises, le patient est hospitalisé dans un établissement spécialisé et son état est jugé stable. Une enquête de traçage est en cours afin d’identifier les personnes ayant été en contact avec lui.
Les personnels de santé demeurent particulièrement exposés. Depuis le début de l’épidémie, près de 80 soignants ont contracté le virus. Face à cette situation, l’OMS appelle les États à renforcer leur soutien aux équipes déployées sur le terrain et à faciliter les éventuelles évacuations médicales des intervenants humanitaires.
Sur le terrain, plusieurs obstacles continuent de compliquer la lutte contre la maladie. Les opérations de traçage des contacts restent insuffisantes dans certaines zones, tandis que les capacités d’isolement demeurent limitées. Les enterrements sécurisés, essentiels pour freiner la transmission du virus, rencontrent également des résistances dans certaines communautés.
À ces difficultés sanitaires s’ajoutent des défis sécuritaires et logistiques. Les incidents armés récurrents, les restrictions aux mouvements transfrontaliers et la fragilité des infrastructures de santé compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire dans plusieurs régions touchées par l’épidémie.
Afin d’intensifier la réponse, l’OMS et l’Africa CDC ont élaboré un plan continental de préparation et de riposte estimé à 518 millions de dollars américains. Les premiers engagements financiers des partenaires internationaux sont attendus dans les prochains jours.
Alors que la RDC demeure l’épicentre de cette flambée d’Ebola Bundibugyo, la communauté internationale est appelée à accélérer son soutien afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire. Les prochaines semaines seront déterminantes pour contenir une épidémie qui continue, malgré les progrès enregistrés, de mettre à rude épreuve les systèmes de santé de la région.
Malgré des signes encourageants, la riposte contre l’épidémie d’Ebola en #RDC reste insuffisante face à l’ampleur de la crise, a averti le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Le traçage des contacts demeure lacunaire, les capacités d’isolement et de traitement insuffisantes, et les enterrements sécurisés constituent toujours un défi majeur.
À ces obstacles s’ajoutent des incidents sécuritaires récurrents, des fermetures de frontières qui entravent l’acheminement de l’aide et une crise humanitaire structurelle qui fragilise davantage le système de santé.
Sur le plan financier, l’OMS et l’Africa CDC ont lancé un plan continental de préparation et de riposte chiffré à 518 millions de dollars. Le premier bilan des engagements financiers est attendu la semaine prochaine, afin de mesurer précisément les écarts entre les besoins et les fonds effectivement mobilisés.
HERVÉ KABWATILA




























































