Le débat sur l’avenir de la Constitution du 18 février 2006 continue de diviser les acteurs religieux en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique mercredi à Kinshasa, plusieurs leaders, pères spirituels et représentants légaux du mouvement évangélique ont officiellement apporté leur soutien au projet de changement de la Loi fondamentale, défendu par la majorité au pouvoir.
Les signataires justifient leur position par ce qu’ils considèrent comme « l’opportunité, l’urgence et la nécessité » de doter le pays d’un nouveau texte constitutionnel adapté aux réalités actuelles de la RDC. Ils estiment que la Constitution en vigueur ne répond plus aux défis politiques, sécuritaires et institutionnels auxquels le pays est confronté.
Dans leur déclaration, les responsables évangéliques qualifient la Constitution de 2006 de « constitution des belligérants », affirmant qu’elle aurait été élaborée dans un contexte marqué par des influences étrangères et les accords ayant mis fin aux conflits armés qui secouaient alors le pays. Ils plaident ainsi pour l’adoption d’un nouveau texte reflétant davantage les aspirations du peuple congolais.
Les leaders religieux demandent également au président de la République, Félix Tshisekedi, de promulguer sans délai la loi référendaire adoptée par les deux chambres du Parlement afin de permettre au peuple de se prononcer sur cette réforme par voie référendaire.
Le document porte notamment les signatures de Ejiba Yamapia Evariste, Jean Bosco Kindomba, Lhouva Ekaola Iseifoli, Godé Mpoy, Musiteki Florent et Albert Kankienza Muana Mboo.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de plusieurs initiatives menées ces dernières semaines par des responsables de l’Église de Réveil du Congo, qui ont multiplié les actions publiques en faveur d’une réforme constitutionnelle, notamment à travers des marches citoyennes organisées à Kinshasa.
Cependant, cette déclaration contraste avec les réserves exprimées par d’autres grandes confessions religieuses du pays. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo ont, à plusieurs reprises, appelé à la prudence et à un dialogue national inclusif avant toute réforme constitutionnelle majeure, estimant que le contexte politique actuel exige davantage de consensus.
Alors que le débat sur la révision ou le changement de la Constitution continue d’alimenter les tensions entre majorité, opposition et société civile, la nouvelle sortie des leaders évangéliques illustre la fracture grandissante au sein du paysage religieux congolais. Une division qui pourrait peser davantage sur les discussions entourant l’avenir institutionnel du pays dans les mois à venir.
HERVÉ KABWATILA





























































