Face à la multiplication des plaintes dénonçant des arrestations arbitraires, des extorsions, des violences physiques et la perception illégale de taxes dans plusieurs quartiers de Kinshasa, le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, a haussé le ton à l’égard des Forces du Progrès, la branche jeunesse de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Au cours d’une réunion tenue mardi avec les principaux responsables de ce mouvement, l’autorité urbaine a fermement condamné les actes attribués à certains membres se réclamant des Forces du Progrès.
Selon plusieurs témoignages recueillis ces derniers mois, des groupes identifiés comme tels seraient impliqués dans des pratiques assimilées à des arrestations illégales, des jugements parallèles, des actes d’intimidation ainsi que des prélèvements financiers non autorisés auprès des citoyens.
« Vous n’êtes pas là pour vous substituer à l’État. Vous faites payer les taxes, vous jugez, vous arrêtez, vous tabassez », a déclaré Daniel Bumba devant les dirigeants du mouvement, dénonçant des comportements qu’il juge contraires à la loi et aux principes de l’État de droit.
Le gouverneur a estimé que ces agissements portent gravement atteinte à l’image de l’UDPS, parti au pouvoir, tout en alimentant un climat d’insécurité et de méfiance au sein de la population kinoise. Il a appelé les responsables des Forces du Progrès à prendre leurs responsabilités en identifiant et en dénonçant les auteurs de ces actes.
Dans son intervention, Daniel Bumba a également exigé que les dirigeants du mouvement se désolidarisent publiquement des individus impliqués dans ces pratiques. Il a averti que les autorités provinciales et les services compétents n’hésiteraient pas à appliquer la loi si les mesures correctives nécessaires n’étaient pas prises à l’interne.
« Si vous ne mettez pas de l’ordre dans vos rangs, l’État prendra ses responsabilités », a-t-il prévenu, lançant ainsi un ultimatum aux responsables du mouvement.
Cette sortie du gouverneur intervient dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations de citoyens et d’organisations de la société civile concernant les activités de groupes de jeunes accusés de s’arroger des prérogatives relevant exclusivement des services de sécurité, de la justice ou de l’administration publique.
À travers cette mise en garde, les autorités provinciales entendent réaffirmer le principe du monopole de l’État dans l’exercice de la force publique et rappeler que nul groupe ou organisation ne peut se substituer aux institutions légalement établies en République démocratique du Congo.
HERVÉ KABWATILA




























































