Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a reçu jeudi 9 juillet à sa résidence du Plateau, à Brazzaville, une délégation de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) conduite par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa. Au centre des échanges : la situation politique et sécuritaire préoccupante en République démocratique du Congo (RDC) et les voies susceptibles de favoriser un retour à la stabilité.
Selon Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, le chef de l’État congolais s’est montré « très préoccupé » par la crise que traverse la RDC, qu’il considère comme un pays frère. Soucieux de contribuer à la recherche d’une solution durable, Denis Sassou Nguesso a souhaité recueillir l’analyse du cardinal Fridolin Ambongo, qu’il estime être un acteur influent dans les efforts de paix et de cohésion nationale.
« Préoccupé, je dirais même très préoccupé par la situation que traverse notre pays, qu’il considère comme un pays frère. Le président Denis Sassou-Nguesso a voulu écouter le Cardinal Fridolin Ambongo, que j’accompagne, parce qu’il considère qu’en tant que pasteur, il a aussi une responsabilité historique dans la gestion de la chose commune et de la vie humaine. Il estime que, dans le contexte de l’Afrique d’aujourd’hui, la fragilité de notre pays constituerait quelque chose de très grave. Il a voulu entendre le pasteur sur son analyse de la situation », a déclaré Monseigneur Donatien Nshole.
Le secrétaire général de la CENCO a également révélé que le président congolais avait déjà échangé avec le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui avait lui aussi effectué récemment un déplacement à Brazzaville.
« Il a dit qu’il avait aussi échangé avec notre chef de l’État, le président Félix Tshisekedi, et il nous a donné les conseils nécessaires pour nous aider à pouvoir sortir de cette crise », a-t-il ajouté.
Au cours de cette audience, le président congolais a également indiqué avoir récemment échangé avec son homologue de la RDC, Félix Tshisekedi, qui avait effectué une visite à Brazzaville quelques jours auparavant. À l’issue de ces consultations, Denis Sassou Nguesso a formulé plusieurs recommandations aux responsables de la CENCO afin de contribuer à la recherche d’une issue à la crise, sans que le contenu précis de ces conseils ne soit rendu public.
Pour Mgr Donatien Nshole, la fragilité actuelle de la RDC s’explique notamment par la persistance de la guerre dans l’Est du pays, où les affrontements continuent de faire des victimes et de provoquer des déplacements massifs de populations. Il a rappelé que cette situation constitue une menace sérieuse pour l’unité nationale et la stabilité de la région des Grands Lacs.
Évoquant la gravité de la situation dans l’Est de la RDC, Monseigneur Donatien Nshole a rappelé les lourdes conséquences humaines du conflit. Selon lui, cette situation ne peut être minimisée.
« Vous voyez ce qui se passe de l’autre côté, dans l’Est de la RDC. Le pays est en guerre. Une partie de nos compatriotes ne peuvent plus être en communion physique avec nous pour diverses raisons. Les gens continuent à mourir sur le champ de bataille, et ce n’est pas peu de chose », a-t-il fait remarquer.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par de multiples initiatives diplomatiques et religieuses visant à favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes de la crise congolaise. Elle témoigne également de l’intérêt porté par les dirigeants de la sous-région à l’évolution de la situation en RDC, dont les répercussions dépassent largement les frontières nationales.
La CENCO, qui s’est récemment exprimée sur les défis politiques et institutionnels du pays, poursuit ainsi ses consultations avec plusieurs acteurs nationaux et régionaux dans l’objectif affiché de promouvoir la paix, la cohésion nationale et la stabilité en République démocratique du Congo.
HERVÉ KABWATILA




























































