Face aux inquiétudes grandissantes de la population kinoise concernant les méthodes employées par certains « bâtisseurs de la nation » (anciens délinquants communément appelés Kuluna) engagés dans les opérations d’assainissement de la capitale, le commandant du Service national, le lieutenant-génal Jean-Pierre Kasongo Kabwik, a fermement rappelé les limites de leur mission.
Depuis le lancement de cette opération d’assainissement à travers plusieurs communes de Kinshasa, de nombreux habitants dénoncent des comportements jugés excessifs de la part de certains membres du dispositif. Des témoignages font état d’interpellations arbitraires, d’actes d’intimidation et, dans certains cas, de violences physiques contre des citoyens.
C’est dans ce contexte que le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik est intervenu ce vendredi 17 juillet 2026 pour recadrer les « bâtisseurs de la nation », chargés principalement des travaux de salubrité et d’entretien urbain.
« Votre mission, c’est l’assainissement de la ville », a-t-il insisté, rappelant que ces agents ne disposent d’aucune prérogative en matière d’arrestation ou de maintien de l’ordre.
« Ne tracassez pas la population ! Je ne veux pas entendre qu’un bâtisseur a attrapé quelqu’un, l’a déshabillé, fouetté ou s’est battu contre qui que ce soit ! Vous n’avez pas pour mission d’arrêter les gens. Votre mission c’est l’ASSAINISSEMENT de la ville …»
Le commandant du Service national a ainsi interdit toute forme de dérive susceptible de porter atteinte aux droits des citoyens. Il a notamment proscrit les interpellations, les violences physiques, les déshabillages forcés, les flagellations ainsi que tout affrontement avec la population.
Cette mise en garde vise à prévenir tout abus dans l’exécution des opérations d’assainissement, alors que le programme mobilise d’anciens délinquants réinsérés dans le cadre d’une initiative de rééducation et d’utilité publique. Pour les autorités, l’objectif demeure l’amélioration du cadre de vie des habitants et le renforcement de la propreté dans la capitale congolaise.
Sur le terrain, ce rappel à l’ordre est perçu comme une réponse aux préoccupations exprimées par plusieurs Kinois, qui craignent que certains membres du dispositif ne s’arrogent des pouvoirs relevant exclusivement des services de sécurité et des forces de l’ordre.
Les autorités espèrent désormais que cette clarification permettra de restaurer la confiance entre la population et les équipes déployées pour l’assainissement, tout en garantissant le respect des droits des citoyens dans l’exécution de cette mission d’intérêt public.
HERVÉ KABWATILA




























































