La rencontre tenue vendredi à la Cité de l’Union africaine entre le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et les principales confessions religieuses du pays a été marquée par la présence de plusieurs personnalités politiques et religieuses, dont celle de Fortunat Biselele, ancien conseiller privé du chef de l’État.
Cette réunion, qui a rassemblé des représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC), de l’Église de Réveil du Congo (ERC) ainsi que de la communauté musulmane, s’inscrit dans le cadre des consultations engagées autour de la tenue d’un dialogue national inclusif destiné à trouver des solutions durables à la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
Parmi les participants figuraient notamment le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, l’abbé Donatien Nshole pour la CENCO, des responsables de l’ECC, l’évêque Évariste Ejiba Yamapia pour l’Église de Réveil du Congo ainsi que des représentants de la communauté islamique.
À l’issue des échanges, les responsables religieux ont confirmé avoir obtenu l’accord du chef de l’État sur le principe d’un dialogue inclusif réunissant les différentes forces vives de la nation en vue de contribuer à la recherche de la paix, particulièrement dans les provinces affectées par les conflits armés.
La présence de Fortunat Biselele, souvent surnommé « Bifort », a particulièrement retenu l’attention.Ancien conseiller privé du président Félix Tshisekedi et considéré durant plusieurs années comme l’un de ses plus proches collaborateurs, il avait été écarté de la scène politique après son arrestation en janvier 2023.
Accusé de « trahison », d’« intelligence avec le Rwanda » et de « propagation de fausses nouvelles », il avait passé plusieurs mois à la prison centrale de Makala avant de bénéficier d’une liberté provisoire. En août 2023, la justice congolaise l’avait finalement acquitté des charges retenues contre lui, mettant fin à une affaire qui avait suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique congolaise.
Avant ses démêlés judiciaires, Fortunat Biselele était perçu comme l’un des principaux artisans de plusieurs dossiers stratégiques de la présidence, notamment dans les domaines diplomatique et sécuritaire. Son nom avait notamment été cité dans le débat sur les relations entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte marqué par la dégradation des rapports entre les deux pays à la suite de la résurgence du mouvement rebelle M23 dans l’Est de la RDC.
L’annonce d’un dialogue national inclusif intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs territoires de l’Est du pays malgré les initiatives diplomatiques régionales et internationales engagées ces dernières années.
Les confessions religieuses, qui plaident depuis plusieurs mois pour un cadre de concertation réunissant pouvoir, opposition, société civile et autres acteurs nationaux, estiment qu’une approche inclusive pourrait contribuer à renforcer la cohésion nationale et à favoriser la recherche de solutions consensuelles aux défis sécuritaires et politiques auxquels fait face la RDC.
La participation de Fortunat Biselele à cette rencontre est interprétée par certains observateurs comme le signe d’un rapprochement avec les cercles décisionnels et d’une volonté d’associer différentes sensibilités aux réflexions en cours sur l’avenir du pays. Toutefois, aucune communication officielle n’a été faite sur le rôle précis que pourrait jouer l’ancien conseiller présidentiel dans le processus de dialogue annoncé.
HERVÉ KABWATILA




























































