La 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo continue de progresser à un rythme préoccupant. Selon le dernier rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), le pays totalisait 2 124 cas confirmés et 828 décès au 15 juillet 2026, soit un taux de létalité de 39 %, avec 32 nouveaux décès enregistrés au cours des dernières 24 heures.
L’Ituri demeure l’épicentre de la flambée épidémique. Cette province concentre près de 90 % des cas cumulés recensés à travers le pays et a enregistré à elle seule 41 des 51 nouvelles confirmations rapportées en une journée. Les nouvelles infections ont été signalées dans plusieurs zones de santé, notamment Bunia, Nizi, Rwampara, Mongbwalu, Lita, Damas, Kilo, Nia-Nia et Mahagi.
L’apparition d’un premier cas confirmé dans la zone de santé de Mahagi, située à la frontière avec l’Ouganda, suscite une vive inquiétude parmi les autorités sanitaires. Cette extension géographique renforce le risque de transmission transfrontalière et pousse les équipes de riposte à intensifier les mesures de surveillance et de contrôle aux points d’entrée. Mahagi devient ainsi la 27ᵉ zone de santé touchée en Ituri.
Par ailleurs, le Nord-Kivu affiche l’un des taux de létalité les plus élevés du pays, dépassé seulement par le Haut-Uélé. Près de six personnes sur dix contaminées dans cette province ont succombé à la maladie, illustrant les défis persistants liés à la prise en charge rapide des patients et au contrôle de la transmission.
Au total, 46 zones de santé sont désormais affectées sur les 140 que comptent les cinq provinces concernées par l’épidémie. Cette progression témoigne de l’ampleur croissante de la crise sanitaire qui frappe l’est du pays depuis plusieurs mois. Les autorités sanitaires poursuivent les opérations de dépistage, de suivi des contacts et de prise en charge des malades afin de contenir la propagation du virus.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà classé cette flambée de maladie à virus Ebola due au variant Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale, soulignant les risques de propagation régionale et la nécessité d’un soutien accru à la riposte.
Face à l’évolution de la situation, les experts sanitaires appellent à un renforcement des moyens logistiques, du financement de la réponse et de la coopération transfrontalière afin d’éviter une aggravation de l’épidémie dans la région des Grands Lacs.
HERVÉ KABWATILA




























































