La situation des droits humains en République démocratique du Congo (RDC) s’est sensiblement détériorée au cours du mois de juin 2026.Dans son dernier rapport, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) indique avoir documenté 657 violations et atteintes aux droits humains, affectant au moins 1 187 victimes, soit une augmentation de 33 % par rapport au mois de mai.
Selon le rapport, les provinces touchées par les conflits armés concentrent l’essentiel des violations. Le BCNUDH y a recensé 574 cas, contre 83 cas dans les provinces non affectées par les conflits. Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu figurent parmi les plus touchées, en raison notamment de la poursuite des attaques menées par des groupes armés contre les populations civiles.
Les violences sexuelles liées aux conflits demeurent également préoccupantes. Le BCNUDH rapporte 46 incidents, ayant fait 73 victimes, dont 56 femmes, 15 filles et deux hommes. Le Nord-Kivu concentre à lui seul 73 % des victimes enregistrées.
Les groupes armés sont tenus responsables de 77 % des cas documentés. Parmi eux, l’AFC/M23 est notamment cité dans des violences ayant affecté 34 victimes.
Le rapport souligne par ailleurs une dégradation de l’espace civique en RDC. En juin, 17 violations des libertés publiques ont été recensées, touchant 68 victimes, contre six violations et 22 victimes enregistrées en mai. Cette hausse est notamment attribuée à la répression de manifestations organisées dans le cadre du débat autour du projet de changement de la Constitution.
Le BCNUDH fait également état de sept cas de protection individuelle, concernant principalement des défenseurs des droits humains et des journalistes confrontés à des menaces ou à des actes d’intimidation.Sur le plan judiciaire, des avancées ont été enregistrées dans la lutte contre l’impunité.
Des poursuites ont été engagées contre 11 militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’un membre d’un groupe Wazalendo. Au terme des procédures, cinq personnes, dont quatre militaires et un combattant Wazalendo, ont été condamnées à la peine de mort.
Enfin, le BCNUDH indique avoir apporté une assistance à la protection judiciaire de 102 victimes et témoins, dans le cadre des efforts visant à renforcer l’accès à la justice et à soutenir les personnes affectées par les violations des droits humains.
Cette nouvelle détérioration de la situation intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par l’activisme des groupes armés dans l’est du pays et par des tensions politiques liées aux réformes institutionnelles en débat, renforçant les inquiétudes des organisations de défense des droits humains quant à la protection des populations civiles et des libertés fondamentales en RDC.
HERVÉ KABWATILA



























































