Le président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Martin Fayulu, a vivement réagi à la décision de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation (ESURSI), Marie-Thérèse Sombo, suspendant jusqu’à nouvel ordre les activités académiques dans plusieurs établissements publics de Goma et de Bukavu, deux villes actuellement sous contrôle de la rébellion AFC/M23.
Dans une déclaration rendue publique mercredi, l’opposant congolais estime que cette mesure constitue un signal inquiétant pour l’unité nationale. « L’arrêté de la ministre de l’ESU suspendant toutes les activités académiques au sein des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu me conduit à une conclusion : le pouvoir de Kinshasa est en plein dans le complot visant à la balkanisation de notre pays », a affirmé Martin Fayulu.
La décision gouvernementale concerne notamment plusieurs universités et instituts supérieurs publics situés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elle suspend les inscriptions, les enseignements, les évaluations, les délibérations ainsi que tout acte académique pouvant conduire à la délivrance d’un diplôme pour l’année académique 2026-2027.
Selon le ministère de tutelle, cette mesure vise à préserver la régularité des cursus universitaires et à empêcher la délivrance de titres académiques en dehors du cadre légal de l’État congolais dans des zones sous occupation rebelle. Les autorités ont toutefois prévu des dispositions particulières pour permettre aux étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 d’achever leur cursus dans des établissements reconnus par l’État.
Pour Martin Fayulu, cette suspension risque au contraire d’accentuer la rupture entre les territoires occupés et le reste du pays. Le leader de l’ECiDé considère que la fermeture des établissements publics d’enseignement supérieur dans ces régions pourrait être perçue comme un abandon des populations locales par les autorités centrales.
La mesure continue de susciter de vives réactions dans le débat public. Alors que le gouvernement défend une décision motivée par des impératifs institutionnels et sécuritaires, plusieurs acteurs politiques et sociaux s’interrogent sur ses conséquences pour des milliers d’étudiants de l’Est du pays, confrontés depuis plusieurs années à l’instabilité liée au conflit armé.
Cette controverse intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’occupation de plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’AFC/M23, ainsi que par les tensions croissantes autour de la gestion des institutions publiques dans les zones sous contrôle rebelle.
HERVÉ KABWATILA




























































