Alors que l’annonce de la convocation d’un dialogue national par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, continue de polariser la classe politique congolaise, le député national et ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, est monté au créneau pour réagir aux critiques acerbes du cadre de concertation des forces politiques et sociales de l’opposition, le « C64 ». Pour ce cadre de la majorité, la dernière sortie du C64 surprend bien plus par les intentions prêtées au Président de la République que par la pertinence des arguments avancés.
Nicolas Kazadi ne conteste pas le droit à la contradiction, inhérent à tout système pluraliste. « On peut être pour ou contre le Dialogue national. On peut en discuter la méthode, l’inclusivité, les garanties ou les modalités d’exécution », concède-t-il d’emblée. Cependant, le parlementaire insiste sur une exigence intellectuelle et politique majeure : le débat doit impérativement se baser sur ce qui a réellement été annoncé par le garant de la nation, et non sur des spéculations.
Pour rappel, le schéma présidentiel se veut être une pyramide inversée, débutant par de vastes consultations dans les 26 provinces de la République démocratique du Congo. Ce processus prévoit d’associer toutes les forces vives de la Nation : de la majorité à l’opposition, en passant par la société civile, les confessions religieuses, les autorités coutumières, ainsi que les milieux économiques, universitaires et la diaspora.
Face aux craintes de l’opposition quant à un éventuel « glissement » ou un partage des gâteaux institutionnels, Nicolas Kazadi rappelle une vérité inscrite dans le discours officiel : ce forum ne remettra en cause ni le choix exprimé par les urnes, ni la légitimité des institutions actuelles, qui exerceront pleinement leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.
Le chiffon rouge du « troisième mandat » et de la « balkanisation »
Le C64 et une partie de l’opposition radicale agitent depuis plusieurs jours les spectres d’un changement constitutionnel visant à octroyer un troisième mandat au président actuel, ou encore des risques de partition du pays. Des accusations balayées d’un revers de la main par Nicolas Kazadi, qui souligne qu’aucune ligne de l’allocution présidentielle ne permet d’étayer de telles affirmations.
« Bien au contraire, tout le discours est construit autour de la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et du rétablissement de l’autorité de l’État », martèle l’élu national. Selon lui, substituer la réalité du texte par des procès d’intention ne fait qu’affaiblir la crédibilité de la critique portée par l’opposition.
« La démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie nous interdit de nous déchirer »
Dans un vibrant appel à la maturité politique, Nicolas Kazadi rappelle que si l’opposition est nécessaire à la vitalité démocratique, elle ne doit pas se faire au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation, particulièrement dans un contexte sécuritaire aussi critique à l’Est du pays. « Le débat public gagne en crédibilité lorsqu’il porte sur les faits plutôt que sur des procès d’intention. La démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie, elle, nous interdit de nous déchirer », formule-t-il avec force.
À l’heure où la RDC fait face à des défis existentiels majeurs, la sortie de Nicolas Kazadi résonne comme une invitation pressante à élever le niveau du débat politique. Pour lui, le peuple congolais ne mérite pas des querelles de chiffonniers basées sur des rumeurs, mais une confrontation d’idées à la hauteur des enjeux de l’heure. La balle est désormais dans le camp de l’opposition, appelée à quitter la posture du soupçon permanent pour s’engager, ou non, sur le terrain des faits.
James Kabwe




























































