Vital Kamerhe a condamné le recours aux armes par l’ancien président Joseph Kabila, après l’annonce du Front pour la refondation de la nation (FNR), une coalition politico-militaire qui remplace l’AFC-M23.
Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) a qualifié cette décision de « tournant grave » dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo.
Dans une allocution, Kamerhe a dénoncé une contradiction entre les appels à la paix de Kabila et son engagement dans une coalition armée. Il a notamment évoqué les prises de parole des 9 et 12 octobre 2026, estimant que les Congolais sont en droit d’obtenir des explications.
« On ne peut pas proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes. Cette contradiction touche au fondement même de l’engagement démocratique, la reconnaissance du droit des citoyens à choisir librement leurs dirigeants sans subir la contrainte de la violence. Le 9 octobre de 2026, Joseph Kabila, président honoraire, nous parlait de la paix, le 12, soit trois jours après, il a pris la direction du front pour la Refondation de la Nation, une coalition politico-militaire, comprenant que l’AFC-M23 annoncée à Goma. J’y vois une contradiction sur laquelle les congolais sont en droit d’attendre une réponse », a argué l’ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi.
L’ancien président de l’Assemblée nationale a également rappelé les 18 années de pouvoir de Kabila affirmant qu’il ne pouvait se présenter comme étranger aux difficultés du pays sans assumer sa part de responsabilité.
« Vous prétendez sauver un pays en prenant la tête des forces qui combattent ses institutions. Vous avez dirigé la RDC pendant 18 ans, 18 ans pour renforcer son armée, 18 ans pour consolider ses institutions, 18 ans pour impulser le développement et tirer l’ensemble de l’Afrique vers le haut au regard de nos ressources naturelles innombrables et de la position géostratégique qui peut notre pays, 18 ans enfin pour protéger les populations congolaises. Vous ne pouvez pas vous présenter aujourd’hui comme un homme étranger aux blessures de notre peuple sans aucune responsabilité… On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur. Chacun de nous doit avoir la décence d’assumer sa part de responsabilité dans l’histoire qui nous utilise qu’on ait notre pays et surtout, on ne repart pas le destin d’un pays en lui imposant une nouvelle aventure armée », a pesté Kamerhe qui fait également partie de cofondateur du PPRD, parti politique du président honoraire.
Selon l’ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, les rébellions successives n’ont pas apporté aux Congolais la sécurité, la justice ni la prospérité espérées.
Réaffirmant son soutien au président Félix Tshisekedi, il a appelé à défendre la souveraineté nationale et l’ordre constitutionnel.
« Je réaffirme mon soutien au président de la République, Félix Tshisekedi, mon allié et partenaire politique. Cette évolution conforte à mes yeux la justesse de ses mises en garde face à une menace qu’il avait identifiée et nous commande de resserrer nos rangs autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel. Dans cette épreuve, l’unité nationale doit rester notre bien le plus précis », a-t-il déclaré.
Il a exhorté les responsables de mouvement armé à renoncer à leur projet et à privilégier le dialogue.
« J’en appelle aux responsables de ce mouvement à renoncer à leur projet et à privilégier la voie du dialogue. Quelles que soient nos frustrations, nos divergences ou nos ambitions, rien ne soit injustifié que nous prenions les armes contre notre propre pays. La République démocratique du congo a besoin de la paix, de la cohésion nationale et de l’amour et de son développement », a lancé Vital Kamerhe.
Il a invité les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à se mobiliser pacifiquement contre le recours aux armes comme moyen d’accéder au pouvoir.
« J’appelle les congolaises et les congolais au-delà de leur appartenance politique à une mobilisation pacifique responsable pour refuser que les armes décident une fois encore de leur avenir. Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir. Nous devons mettre fin à ce cycle interminable de conflits suivis des dialogues en espérant que celui qui se tiendra sera le dernier et qu’il jetera véritablement les bases du développement de notre pays », a-t-il martelé.
Mont Carmel NDEO




























































