À Kinshasa, le rond-point Kintambo Magasin offre à nouveau le spectacle d’une anarchie totale. Malgré la mesure officielle interdisant formellement l’accès et le stationnement des motos-taxis dans ce périmètre stratégique, les motards dictent à nouveau leur loi. Sous l’œil passif, voire impuissant, des forces de l’ordre, ce carrefour névralgique replonge dans un désordre routier qui frise l’insolence. Qu’est devenue l’autorité de l’État face aux deux-roues ?
L’illusion d’une interdiction : La Police de circulation routière sur le banc des accusés
La mesure d’interdiction d’opérer au rond-point Kintambo Magasin, pourtant saluée lors de sa mise en application, n’est plus qu’un lointain souvenir. Aujourd’hui, les motards ont reconquis le terrain, créant des embouteillages monstres et bousculant les piétons.
Face à ce chaos quotidien, une question cruciale se pose : que font réellement les éléments de la Police de Circulation Routière (PCR) et les agents de sécurité commis à ce lieu ? Sur place, le constat est amer. Entre passivité suspecte et impuissance avérée, les forces de l’ordre semblent avoir capitulé. Les sifflets ne résonnent plus pour faire respecter la loi, mais semblent parfois accompagner le désordre, alimentant les soupçons de complaisance ou de tracasseries stériles au détriment d’une véritable régulation.
Le syndrome de la Garde Républicaine : Quand l’absence de la « GR » paralyse la loi
L’élément le plus révélateur de cette crise d’autorité réside dans le contraste saisissant lié à la présence ou non de la Garde Républicaine (GR). Il a suffi que ces unités d’élite s’éloignent du rond-point pour que la mesure d’interdiction s’effondre comme un château de cartes.
Pourquoi l’absence de la Garde Républicaine doit-elle à ce point handicaper l’exécution d’une décision des autorités urbaines ? Ce constat met à nu une faille systémique majeure : l’incapacité de la police ordinaire à faire respecter l’ordre public par sa seule légitimité institutionnelle. En dépendance totale du « muscle » de la GR pour faire peur aux récalcitrants, la police démontre ses propres limites logistiques et morales. Une situation aberrante qui prouve que sans la peur du béret rouge, la loi n’a plus aucun poids à Kinshasa.
Restaurer l’autorité publique avant le point de non-retour
Le cas de Kintambo Magasin est le miroir d’une gestion urbaine à double vitesse, où les décrets souffrent d’un manque criant de suivi. Si la ville veut véritablement éradiquer l’anarchie des motards, elle ne peut pas compter sur la militarisation permanente de ses carrefours par la Garde Républicaine, dont les missions sont tout autres.
Il est urgent que les autorités de la ville-province de Kinshasa et la hiérarchie policière imposent des sanctions sévères, non seulement aux motards indisciplinés, mais aussi aux agents de la PCR coupables de laxisme. L’État doit cesser d’être un observateur impuissant face à ceux qui défient ses lois au quotidien.
JAMES KABWE




























































