La Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a appelé mardi 02 novembre 2026 à une mobilisation régionale accrue en faveur des femmes et des jeunes filles victimes des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).Intervenant à la première Conférence des femmes parlementaires de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), organisée à Dar es Salaam, en Tanzanie, elle a également présenté les mesures engagées par son gouvernement pour protéger les survivantes et préserver l’avenir des enfants dans les zones affectées par la guerre.
Prenant la parole devant les participantes à cette rencontre régionale, la cheffe du gouvernement congolais a tenu à replacer la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC dans le contexte d’un conflit qu’elle qualifie de guerre d’agression, dont les conséquences se prolongent depuis trois décennies.
« Vous avez parlé d’instabilité politique à l’Est, moi je vais vous parler d’une guerre d’agression de la RDC. Ça fait 30 ans et dans cette guerre, nous avons particulièrement des femmes, des jeunes filles qui subissent les conséquences de cette guerre », a-t-elle déclaré.
Pour Judith Suminwa, la situation impose aux autorités congolaises de prendre des mesures spécifiques en faveur des populations féminines exposées aux violences et aux déplacements forcés.Son intervention a ainsi porté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection, d’accompagnement et de reconstruction socio-économique des victimes.
La Première ministre a détaillé plusieurs initiatives de son gouvernement destinées à atténuer les conséquences de la guerre sur les femmes et les familles vivant dans les territoires affectés.
Parmi les mesures évoquées figure la prise en charge des frais des examens d’État pour les élèves des zones occupées ou touchées par les conflits. Cette disposition vise à permettre aux enfants de poursuivre leur parcours scolaire malgré les perturbations provoquées par l’insécurité.
Le gouvernement met également en avant le soutien à l’entrepreneuriat féminin, considéré comme un levier d’autonomisation économique et de résilience pour les femmes confrontées aux conséquences de la guerre.
L’accompagnement des survivantes de violences constitue un autre axe de cette intervention. Judith Suminwa a notamment évoqué la mise en place de mécanismes de financement destinés à soutenir les femmes victimes, dans une perspective de prise en charge et de réinsertion.
À ces initiatives s’ajoute la gratuité des accouchements, présentée comme une mesure visant à faciliter l’accès des femmes aux soins de santé maternelle et à réduire les charges financières liées à la maternité.
Au-delà des dispositifs nationaux, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une réponse concertée entre les États de la région des Grands Lacs. Pour Kinshasa, la protection des femmes et des jeunes filles affectées par les conflits ne saurait relever uniquement des autorités d’un seul pays, compte tenu de la dimension régionale des crises sécuritaires et humanitaires.
La conférence de Dar es Salaam offre ainsi un cadre de dialogue entre femmes parlementaires de la région autour des enjeux de paix, de sécurité, de participation politique et de protection des droits des femmes.
À travers cette intervention, Judith Suminwa a placé la situation des femmes congolaises au cœur des discussions régionales, tout en présentant les engagements de son gouvernement. Reste l’enjeu de leur mise en œuvre effective dans les territoires où l’insécurité continue de compromettre l’accès aux services sociaux de base, à l’éducation et aux mécanismes de protection.
La rencontre de Dar es Salaam remet ainsi en évidence une question centrale : celle de la capacité des États de la région à traduire leurs engagements en actions concrètes pour les femmes et les jeunes filles vivant dans les zones affectées par les conflits armés.
HERVÉ KABWATILA




























































